Résumé du cinquième débat (dimanche 3 octobre - après midi)
Animation : Alain MARTAUD.
Vers une dynamique nationale des amateurs de géologie, minéralogie et paléontologie.
(Définition des axes de développement de cette dynamique, constitution des commissions de travail nécessaires, médiatisation et promotion de notre passion)
Voir les pièces jointes au 5ème débat
Étaient suggérés comme axes de réflexion les thèmes suivants :
- éthique et législation du grattage et de la collection par les amateurs ;
- fraude, falsification, synthèse ;
- sensibilisation des jeunes, aspects pédagogiques et didactiques ;
- définition du patrimoine géologique (document synthétique de quelques pages visant à donner une idée la plus " juste " possible) ;
- exploitation touristique du patrimoine géologique ;
- inventaires minéralogiques et paléontologiques, régionaux, national ;
- actions immédiates et de recours visant à la préservation de sites menacés ;
- actions de protection des intérêts des amateurs ;
- commission " bourses au service des amateurs " ;
Pierre FLUCK (Fédération du patrimoine minier) considère que les haldes et crassiers sont des sources archéologiques non négligeables, que ce soit vu de loin en ce qui concerne le paysage minier ou, vu de près, en tant que carte de visite de la mine. L'étude qualitative et quantitative d'un mètre cube de halde donne des indications sur les méthodes d'exploitation... Mais bien des minéraux se gâtent dans les haldes, il le conçoit.
À propos des inventaires, il distingue l'inventaire géologique nécessaire à mettre en valeur les sites remarquables, affleurements ou paysages, voire carrières, des inventaires scientifiques, en minéralogie et paléontologie (comme le catalogue de Lacroix) et les inventaires patrimoniaux que sont les collections publiques ou privées, et ce que nous laissons en héritage d'intérêts divers aux niveaux régionaux, nationaux ou mondial. Les collections qui même réparties dans le secteur associatif ou carrément privé, participent au même grand inventaire.
Freddy LIBMAN nous a entretenu du statut du minéralogiste ou paléontologue amateur. Comment nous rendre crédibles vis-à-vis des partenaires publics ? Une action collective est nécessaire afin de fixer les règles du comportement. Il faut créer une structure officielle organisée de représentants de tous les acteurs, pour tenir compte des sensibilités diverses, car 80 % ici ne sont pas représentés. Une confédération associative respectant les statuts de chaque association est nécessaire pour nous représenter auprès de l'État et de l'administration. Pour cela il va falloir entrer en contact avec toutes les associations pour les informer sur la préparation des nouveaux textes législatifs sur la nécessité d'entreprendre une action forte et collective et pour sauver nos activités d'une disparition annoncée; ainsi que pour consulter les clubs par questionnaire sur leurs propres interrogations et propositions.
Un deuxième objectif immédiat est de savoir comment unir toutes ces structures d'associations et d'amateurs indépendants de minéralogie et de paléontologie.
Un troisième objectif est urgent : réfléchir à la manière d'engager le dialogue avec les décideurs politiques et administratifs, pour une concertation avant le vote de textes nouveaux.
Il va aussi falloir résoudre le côté financier (frais de fonctionnement) pour pouvoir poursuivre notre action. Il y a nécessité de créer une déontologie. Tout cela parce que la population porte à notre égard un jugement qui devient défavorable, voire hostile.
" Il faudrait également concevoir une carte obligatoire pour prospecter, facilitant le contact avec les autorités, impliquant le respect d'une déontologie (proposition de Freddy LIBMAN), mais ne dispensant pas des demandes d'autorisations aux propriétaires ". Peut-être faudra-t-il passer par l'obligation, pour être en règle, d'appartenir à un club, lequel prendra en charge le devoir d'informer ses membres sur la pratique raisonnable, la connaissance de la réglementation à respecter et la remise du code de déontologie. Le non-respect entraînerait alors la suppression de la carte et l'interdiction de pratiquer. Les scientifiques professionnels seraient dispensés d'appartenir à un club mais se soumettraient à la même déontologie.
Parmi les questions on relèvera le " gare au carcan !" de Patrice CREVIN, le problème de l'application des textes.
Remarque très pertinente de Jean-Claude BOULLIARD : " il est illégal d'obliger quelqu'un à être membre d'un club. Il stipule que l'activité de fouille superficielle, de petite collecte n'a pas d'existence juridique. C'est donc à nous de la créer et de la faire reconnaître par les pouvoirs publics ".
M. BERSET a fait remarquer qu'en Suisse ce sont les gardes-forestiers et les cristalliers qui contrôlent les cartes.
Pour la Réserve de Haute-Provence, on nous apprend que les amateurs ont des cartes de prélèvement, que cela est assez lourd à gérer, mais qu'il existe bien une association avec la réserve.
Véronique MAUFAY-GERSTMANS, du CFPG, commission Enfance et Pédagogie. Celle-ci s'inquiète du côté parent pauvre de la géologie dans l'enseignement alors que dès la maternelle et l'école primaire, il faut parler des roches mais trop peu de précisions sont données aux maîtres. Il est étonnant, donc, que sur deux cent cinquante concepts supposés être connus dans un examen d'IUFM soixante appartiennent aux SVT. Seuls trois enseignants d'IUFM proposent une didactique d'enseignement de la géologie en France, pour l'école primaire et seulement quatre publications existent pour aider les enseignants !
Les visites de musées et les sorties sur le terrain sont conseillées, et quand on connaît les difficultés...
Quand on voit ce que signifie le mot fossile dans la tête d'un gamin de l'école primaire : " une pierre gravée " ou " quelque chose de dur qui rentre dans quelque chose de mou et qui redevient dur " - propos qui ont bien entendu déclenché l'hilarité générale - on constate l'étendue de l'ignorance en matière de géologie.
Le comble est de voir dans une publication agréée par l'Éducation Nationale : la fameuse B.T. dans le numéro sur les calcaires et l'eau : " l'amateur, le minéralogiste, sont créateurs de vandalisme gratuit, de pillages... les bourses aux minéraux comme celle de Metz participent au pillage de formations de calcite, de fossiles qui les alimentent. " De tels propos ne sont ni plus ni moins que de la diffamation ! D'où la nécessité de notre intervention en milieu scolaire pour contrer cette image.
Ce à quoi Pierre FLUCK réagit en rappelant les actions de la Maison de géologie de Haute-Alsace auprès des nombreuses écoles et nombreux lycées reçus.
Jean-Renaud JOURNEE de l'AAMPEF nous apprend que pour avoir amené des jeunes sur le terrain il a été accusé d'avoir incité des jeunes à détruire la nature. De plus, la gendarmerie l'a inquiété au sujet des échantillons qu'il avait mis dans une valise pédagogique ! On croit rêver !
Yves MERCHADIER intervient en disant que l'avenir de la minéralogie et de la paléontologie passe par les jeunes qu'il faut savoir attirer et conserver dans les clubs. Il faut présenter du merveilleux, pour faire rêver, et ne pas montrer et s'extasier devant du moche car cela ne prend pas. Mais il faut aussi savoir enseigner la rigueur, dans l'emballage, l'étiquetage, la mise en collection.
François ESCUILLIE, de Rhinopolis, aborde le sujet des actions scolaires en paléontologie. À l'aide de diapositives il explique comment intéresser les jeunes certes, d'abord avec de beaux fossiles entiers et fantastiques comme les dinosaures, mais sans en rester là. Il les amène à des fossiles plus modestes, fragmentaires ou, dissociés, quelques restes épars, quelques dents, et aussi des formes inconnues sans correspondance actuelle. Il assure qu'il faut facturer les interventions pour être crédible et reconnu.
L'intervention de Patrice CREVIN nous ramène tout-à-coup à une triste réalité : en effet il rappelle que dans le secondaire 15 à 20 % seulement des professeurs s'intéressent à la géologie et encore heureux qu'il existe encore en France deux revues spécialisées : Minéraux & Fossiles et Le Règne Minéral. Les livres spécifiques aux fossiles et minéraux sortent de moins en moins. On déplore que sous l'influence du ministre géophysicien Claude Allègre, la géologie se résume à n'être plus que de la tectonique et de la géochimie. On craint de ne plus faire que de la géologie informatisée au détriment du terrain. Et on constate que bien souvent les amateurs connaissent mieux le terrain et les fossiles associés que certains praticiens.
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