la géologie, les fossiles et les minéraux.
La tanzanite : gisements, histoire et légendes.
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Liste des sujets abordés dans cette rubrique
   
Pierres précieuses et Terres d'aventures
LA TANZANITE

Patrick VOILLOT



1/ Légende

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2/ La symbolique (Histoire)

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Au pays de la tanzaniteAu pays de la Tanzanite...
Photo : Patrick Voillot ©


3/ Les lieux d'origine, les sites d'extraction

Comme son nom l'indique, la tanzanite est originaire de Tanzanie. Et encore, on ne la trouve pas dans l'ensemble du pays mais seulement dans l'extrême Nord, près du célèbre Kilimandjaro, dans la région d'Arusha, sur un territoire qui ne s'étend pas sur plus de 12 km2. Les seules mines qui produisent de la tanzanite se situent à 10 km de la ville de Mererani, à l'Est du Serengeti et du cratère de Ngorongoro. Omari, propriétaire d'une mine, a bien voulu me conduire chez lui. Comme souvent, dans mes différents périples, je note que nous approchons de l'exploitation aux baraquements délabrés recouverts de tôles ondulés qui semblent avoir été construits à la va vite et qui surgissent soudain autour de la route. Ces logements de fortune abritent des pauvres bougres prêts à tout pour quelques cailloux qui, seuls, peuvent leur éviter la famine. Omari emploie 60 à 70 mineurs en permanence qui reçoivent un pourcentage sur la production. Parfois, cette rémunération est faite en pierres. Lorsque la mine ne produit rien, le propriétaire se contente de nourrir ses ouvriers. Les conditions d'extraction sont très pénibles. Tout d'abord parce que la descente dans les galeries est particulièrement dangereuse : les 40 à 50 mètres à la verticale se font par une échelle dont les barreaux sont rendus glissants en raison du graphite environnant. D'autre part, ce même graphite, du carbone cristallisé presque pur, est très dur. Pour le perforer il est indispensable d'utiliser la dynamite et les mineurs sont rarement des artificiers… Même si une sirène prévient des explosions, des accidents surviennent. Chaque jour, ce sont 200 personnes, en plus des mineurs, qui sont employés pour travailler à l'extérieur et vider les gravats qui obstruent la mine. C'est là un dur labeur. Pendant 18 heures, ces hommes vont former une chaîne humaine sur des kilomètres de profondeur pour sortir plusieurs tonnes de minerai stérile. Des milliers de sacs passent de main en main dans un bruissement incessant. Pour ce travail de forçat, chaque homme recevra sept dollars : une somme dérisoire qui représente pour eux une véritable fortune. Le minerai stérile rejeté hors de la mine alimente les espoirs des " wanaapolos ". Ces mineurs indépendants n'hésitent pas à le trier avec attention au cas où… Une fois la mine déblayée, les hommes d'Omari peuvent entrer en action. Au fond, la température atteint les 50°C. La ventilation est quasi inexistante. Les visages, recouverts d'une fine couche de graphite noir, sont dégoulinants de sueur. Les marteaux piqueurs vibrent, les burins s'activent et enfin les mains se saisissent des gemmes remplies de promesse. Il est rare de trouver des cristaux dépassant un centimètre. Il faut dire que les attaques à la dynamite et au marteau piqueur provoquent souvent des fractures qui rendent le travail du lapidaire difficile.


tanzanite : mineurs à l'entrée d'une mineAu pays de la Tanzanite...
Photo : Patrick Voillot ©


4/ Commerce et taille

La tanzanite a pour particularité de n'être présente que sur le sol tanzanien. Une autre singularité réside dans le fait que le commerce de cette pierre est détenu à 95% par les Massaïs qui ne s'intéressent, d'ailleurs, qu'à cette seule et unique gemme. Les rubis, grenats, diamants et autres richesses de cette terre laissent indifférents ces fameux guerriers qui ne troquent leur lance contre les instruments de gemmologie que dans ce cas précis. Attention, eux ne se chargent que du commerce, ils ne descendent jamais au fond de la mine. J'ai donc assisté à des scènes inoubliables : des Massaïs, drapés dans leurs vêtements traditionnels rouges, enfourchant à trois une motocyclette, le portable collé à l'oreille, les montres en or autour du poignet, pour se rendre à Mererani, la ville la plus proche des mines, où se vendent et s'achètent ces morceaux de " ciel bleu ". Le spectacle prêterait à sourire si les Massaïs ne se révélaient être de redoutables négociateurs. Honnêtes et droits, mais durs en affaires, telle est leur réputation. Signe qu'ils sont les " maîtres " : ici, on ne parle pas le swahili, comme sur le reste du territoire, mais le maa, leur propre langue. Lorsque les lots de pierres sont importants, ils se regroupent afin de rassembler les fonds nécessaires. Même en hommes d'affaires, les Massaïs ne délaissent jamais leur fonctionnement tribal. Intuitivement, et mystérieusement, ils reconnaissent la couleur, la qualité, la pureté des pierres et voient le prix qu'ils peuvent en obtenir à la revente ; car eux, ne servent que d'intermédiaires avec les comptoirs de vente et d'exportation. Pour cela, ils se rendent à Arusha, une ville de 400.000 habitants, dont l'économie est en grande partie basée sur la vente de tanzanites. On raconte, que grâce à ce négoce, les Massaïs se sont énormément enrichis, certains ayant placé leur argent dans des troupeaux, d'autres ayant construit des immeubles ultramodernes à Arusha même. Les propriétaires des comptoirs d'achat et d'exportation de pierres précieuses attendent en principe avec impatience l'arrivée des Massaïs et de leur précieuses " livraisons ". Le plus souvent, la tanzanite s'envolera ensuite pour les Etats-Unis, notamment l'Arizona où se tient, chaque année, la fameuse vente de pierres précieuses de Tucson. Sur le marché américain, la tanzanite est la deuxième pierre bleue à être vendue, juste après le saphir. Cependant, ces deux dernières années, la vente de la tanzanite a subi un coup d'arrêt en raison d'une rumeur. Certains prétendaient que ce marché avait financé le groupe Al-Qaïda. Après des démentis officiels, la tanzanite a repris sa place sur les marchés internationaux. Si l'on suppose que les Massaïs sont venus s'installer en Tanzanie au cours du XVème siècle alors qu'ils étaient originaires des rives du Nil, d'autres peuples ont également migré vers ce pays d'Afrique de l'Est. C'est le cas des Indiens et des Arabes poussés par la mousson. Et il n'est pas rare de retrouver des Indiens dans les travaux de taille de la tanzanite dont ils se sont fait une spécialité. Il faut dire que les Indiens sont passés maîtres dans l'art des pierres précieuses. La première modification infligée à la pierre brute est la préforme réalisée à l'aide de disque de diamants : il s'agit, comme son nom l'indique, de donner une forme à la gemme et de retirer toute inclusion. Après quoi, on peut la facetter et la polir. La tanzanite n'est pas systématiquement bleue au moment de son extraction. Elle arbore parfois cette teinte marron qui la rend plus commune. Le lapidaire a donc recours au procédé de chauffage - c'est le cas actuellement pour 99% des pierres - qui consiste à soumettre la pierre à une température de 600°C ayant pour effet de faire disparaître la couleur marron et de révéler les teintes bleues qui ne bougeront plus durant des années. Cette chauffe est pratiquée sur les pierres préalablement taillées. La tanzanite ayant trois axes de couleur - violet, bleu, marron - tout l'art du lapidaire est de choisir celui qui exploitera le mieux la gemme. S'il place la table perpendiculairement à l'axe bleu, après avoir été taillée, la pierre sera bleue. S'il la place perpendiculairement à l'axe violet, elle sera violette. Enfin, s'il place la table perpendiculairement à l'axe marron, la pierre sera bleue, mauve, ou tirant sur le violet ou sur le bleu : cela en fonction de la solidité des axes dans la couleur. Une des spécificités de la tanzanite est que, précisément, chaque pierre est différente. Mais il faut bien avouer que le marché a une sérieuse préférence pour la tanzanite bleu foncé.


Mineurs dans le puit de descente d'une mine de tanzaniteAu pays de la Tanzanite...
Photo : Patrick Voillot ©


5/ Les plus connues d'entre elles

À ce jour, la plus grosse tanzanite jamais trouvée serait une pierre pesant 126 carats et qui aurait été évaluée à 100.000 DM. Quant au plus beau bijou de tanzanite, il serait à mettre à l'actif de l'actrice américaine Elisabeth Taylor : ce serait, selon certains, un collier à cinq grands rangs.


Mineurs de tanzanite à l'entrée d'une mineAu pays de la Tanzanite...
Photo : Patrick Voillot ©



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Dernière mise à jour : 12 octobre 2004
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