II) La fossilisation
A) Définition
Les fossiles sont le résultat de certains processus et phénomènes rares. Il ne concerne que 1 à 2 % de la population initiale (estimation impossible à vérifier). Il faut que les organismes échappent à la décomposition et la destruction, et subsistent dans de bonnes conditions de conservation.
B) Conditions
Il existe plusieurs agents de destruction dont les deux plus importants sont les agents biologiques (animaux et organismes microscopiques comme les bactéries qui dégradent les cadavres), et les agents atmosphériques (pluie, oxygène…).
Ensuite il faut que les fossiles puissent être préservé des autres facteurs de destruction, c'est à dire la diagenèse, le métamorphisme, la dissolution par des eaux d'infiltration ou la tectonique. Ces différents paramètres définissent la difficulté à fossiliser un organisme et expliquent le faible pourcentage de fossilisation.
Les principaux facteurs favorables à la fossilisation sont :
- un enfouissement rapide et abondant, pour protéger le cadavre principalement de l'oxygène. Ceci fonctionne mieux avec des sédiments fins (boue).
- les catastrophes, tels que les Tsunamis, avalanches, crues… qui apportent des sédiments en grandes quantités qui piègent les organismes.
- une topographie favorable à l'enfouissement rapide, c'est-à-dire une dépression pouvant piéger les organismes lors de glissements de terrain par exemple.
- le mode de vie de l'organisme. Un organisme vivant dans des terriers, ou enfoui aura plus de chance d'être conservé.
- nature de l'organisme. La nature chimique et la présence d'un squelette ou exosquelette joue un rôle important dans la fossilisation (squelette ou spicule, carbonaté ou siliceux). En effet les tissus mous sont rarement conservés. C'est là un piège de la fossilisation : elle désavantage les organismes n'ayant pas de partie solide.
C) Sélection
Bien que rare, la conservation des tissus mous existe dans certaines conditions exceptionnelles :
o Mammouth dans la glace de Sibérie (une 40 aine de mammouths). Ils sont conservés en totalité, même le contenu stomacal.
o Momification dans l'ozocérite (paraffine naturelle, fraction lourde du pétrole) de mammouths et rhinocéros. Cette paraffine conserve bien les organismes à l'exception des poils.
o Insecte dans l'ambre (venant du pin) (fig. 4).
Fig. 4 : insectes prisonnier de l'ambre. A) mouche ; B) moustique ; C) arachnide ; D) moucheron ; E) blatte, vue dorsale ; E') blatte, vue ventrale ; F) sauterelle. Fossiles issus de la collection de l'auteur. Provenance de Madagascar, datés de -20 Ma.
o Protiste dans le silex (saturation en Si)
o Spores et pollens dans les roches
o Substances organiques : dans des silex de 3 milliards d'années ont été trouvées des molécules dérivées de la chlorophylle (preuve de la photosynthèse à cette époque).
o Même si les tissus disparaissent, ils peuvent marqués la roche et délimiter les contours de l'organisme (fig. 5).
Fig. 5 : poisson fossile dont les tissus ont marqué la roche et définissent les contours de l'individu. Fossile issu de la collection de l'auteur.
Ainsi, il est possible de trouver des poils sur les mammouths, des plumes, des insectes, des feuilles (fig. 6)…
Fig. 6 : fossiles de végétaux (feuilles, tige, branches). Fossiles issus de la collection de l'auteur.
La conservation des parties dures reste la plus courante. Elle concerne les parties minéralisées (carapace, coquille, squelette interne, dents, bois…). Ces restes peuvent être conservés avec leur substance originelle ou alors avoir subit une transformation par épigénie (molécule par molécule).
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