La géologie, les minéraux et les fossiles
Un tour de France minéralogique - Les minéraux de France et leurs gisements
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Un tour de France minéralogique, les plus beaux minéraux de France et leurs gisements
par Frédéric Delporte
Delporte.frederic@wanadoo.fr
Ce texte est extrait du catalogue de la 40ème exposition-bourse de Minéraux, Gemmes et fossiles de Sainte-Marie aux Mines 2003
La France est extrêmement riche en gisements sources de spécimens de minéraux. Certains de ces gisements ont produit des spécimens remarquables, parfois même les meilleurs connus pour une espèce minérale donnée. Un "tour de France" par quelques gîtes célèbres est ici proposé, mais ils ne sont qu'une illustration limitée des nombreux gisements français.

QUARTZ
12 x 7.5 cm
Mine de la Gardette,Le Bourg d'Oisans, Isère
Coll. J.Duarte
Photo : Louis-Dominique Bayle ©
QUARTZ A AME
5 cm
Vallon de Fournel/ Le Freney d'Oisans, Isère
Coll. Y.Masson
Photo : Jeff Scowil ©
DOLOMITE
11.5 x 9.5 cm
Tunnel EDF, Saint-Pierre de Mésage, Isère
Coll. J.Duarte
Photo : Louis-Dominique Bayle ©
NATROLITE
6 x 5 cm
Puy de Marman, Puy de Dôme
Coll. Faculté des Sciences de Clermont-Ferrand
Photo : Louis-Dominique Bayle ©
Les sables stampien des environs de Fontainebleau/Nemours ont produit depuis la fin du dix-huitième siècle de curieux et spectaculaires spécimens de calcite. Cette calcite a la particularité de s'être développée dans le sable. Les grains du sable ont été absorbés lors de la cristallisation par les cristaux de calcite. Cela donne des spécimens tout à fait particuliers et, dès les premières découvertes à la fin du XVIIIème siècle, extrêmement réputés.

A Paris même, bien que la géologie du sous-sol soit très peu propice à la formation de minéraux intéressants, des spécimens de calcite ont été trouvés. Ces spécimens ont surtout un caractère anecdotique eu égard au lieu de découverte. On peut citer comme site le Trou des Halles où des découvertes ont eu lieu à la fin des années 1970. La calcite jaune miel de quelques millimètres couvrait des surfaces de plusieurs dizaines de centimètres carrés. Elle était associée à de petits cristaux de célestite bleue, de quartz et de fluorite. On peut citer d'autres sites comme le chantier Opéra Bastille, les abattoirs de Vaugirard, les travaux "Eole" du quartier Saint-Lazare, les travaux du RER de la rive gauche de la Seine, etc. Des découvertes similaires ont été faites dans des carrières souterraines dans les environs de Paris, plus particulièrement en Val-d'Oise. A la fin du XVIIIème siècle/début XIXème siècle, les cristaux de gypse des carrières de Montmartre étaient réputés dans le monde entier.

Dans les Ardennes, à Foisches, un petit gisement de fluorite a été exploité artisanalement de manière épisodique du début du XXème siècle aux années 1960/1970. Les spécimens de fluorite sont ici avant tout intéressants dans une optique de systématique régionale ou de l'espèce, ils présentent des faciès variés et inhabituels, avec des couleurs telles que le violet/mauve profond ou le vert.

Dans le nord de la France, entre Boulogne sur Mer et Calais, le cap Blanc-Nez produit sporadiquement des cristaux de marcasite. Ceux-ci ont cristallisé dans le calcaire, généralement cénomanien et turonien, en adoptant une forme particulière. En effet , la plupart des cristaux sont groupés en macle de la "sperkise", ce qui rend ces spécimens si curieux. Ce gisement a produit de remarquables spécimens qui peuvent être classés dans les meilleurs qu'a donné l'espèce, un des spécimens les plus remarquables se trouve dans la collection de la faculté de Jussieu. Il a d'ailleurs servi à illustrer un des quatre timbres édités en 1987 sur les minéraux.

La côte du pays de Caux est riche en nodule de silex, certains présentent en leur sein de superbes concrétions de calcédoine.

Dans le Calvados, à Soumont-Saint-Quentin, un gisement de fer a été exploité. De bons spécimens de calcite ont été extraits, associés à la pyrite mais aussi et surtout de remarquables spécimens de barite bleu, parfois gemme, et des spécimens de galène, totalement inattendus étant donné le cadre géologique de la région, surtout sédimentaire.

Vers Laval, en Mayenne, la mine de La Lucette a produit au début du siècle de bons spécimens de stibine, et surtout des spécimens d'or, associés au quartz ou à la stibine.

Au sud de Rennes, les mines de Pontpéan ont produit entre autres des spécimens de galène.

A La Villeder, au nord de Vannes, un important gisement a été exploité pour l'étain dès sa découverte en 1834. Des indices laissent à penser que des exploitations plus anciennes aient pu avoir lieu. Cent quarante tonnes d'étain métal ont été extraites. Le gisement a fourni de beaux et nombreux spécimens de cassitérite, très appréciés et réputés dès la fin du XIXème siècle. La cassitérite est en plus associée au quartz, parfois "fumé" voire "morion", mais aussi et surtout à l'apatite et au béryl.
BARYTINE
18 x 13 cm
La Côte d'Abot, Saint-Saturnin, puy de Dôme
Coll. M & M Komiha-Motel
Photo : Louis-Dominique Bayle ©
En Bretagne, dans le Finistère, les mines de Huelgoat-Poullaouen ont produit des spécimens à la fin du dix-huitième siècle faisant dès lors leur réputation. De bons spécimens de galène y ont été découverts, de même que des spécimens de pyromorphite verte ou brune, parfois pseudomorphosés en galène. Ces cristaux sont alors appelés "sexangulite". Ce type de cristallisation est des plus remarquables. Il est décrit dans la "Minéralogie" d'Haüy paru en 1801. L'anglésite et la cérusite y ont été trouvées mais aussi et surtout la bromargyrite, la chlorargyrite et la plumbogummite. Le gisement en est la localité type, suite à sa découverte par Romé de l'Isle en 1779 ("Lettre Minéralogique") et sa réétude par Gillet de Laumont en 1786 (Journal de Physique). Damour, en 1840, démontre que la plumbogummite est un phosphate, en l'occurrence de plomb et d'aluminium.

En Indre, deux gisements sur la même commune, celle de Chaillac, produisent d'excellents spécimens. Le gisement du Rossignol est exploité en galerie souterraine, le filon est identifié sur près de 1.000 mètres de longueur, et 250 mètres de profondeur. Il a produit de bonnes fluorites, jaunes, violacées, parfois rosées, plus ou moins saupoudrées de pyrite. La mine a surtout produit de très agréables spécimens de pyromorphite verte "herbe" sur barite, et de très bonnes cérusites, souvent maclées. Le muséum à Paris a acheté dernièrement un très gros cristal maclé de cérusite de Chaillac de près de 7cm de diamètre. Non loin, la mine à ciel ouvert des Redoutières produit des spécimens de barite bleuâtre, recouverts d'oxyde de fer d'une sympathique nuance de marron-rouge. La mine produit aussi de bons spécimens de goethite, avec des cristaux très allongés, groupés en "touffes", généralement gemmes.
OR NATIF
2.8 x 1.9 cm
Mine de La Gardette, Le Bourg-d'Oisans, Isère
Coll. P.Guiguet-Bologne
Photo : Louis-Dominique Bayle ©
Dans les monts d'Ambazac, une petite centaine d'exploitations dans des pegmatites ont permis d'extraire des feldspaths au XIXème siècle, et ce parfois jusqu'à la seconde guerre mondiale, afin d'approvisionner les fabriques de porcelaine de Limoges. Ces exploitations étaient généralement artisanales et individuelles. De rares et esthétiques minéraux y ont été découverts. Il est possible de citer notamment le béryl, avec des cristaux jusqu'à 30 cm. Un cristal de 65 kg est même découvert à Vedrenne où, lors de la reprise de 1934 par M.Merguillier, 1.800 kg de béryl ont été extraits. Certains cristaux de béryl dans les monts d'Ambazac sont de la variété héliodore (jaune), comme à Venachat. Il a été également trouvé de l'apatite, de la triplite, de la vivianite, de la dufrénite, de la columbite (notamment à La Vilate, près de Chanteloube), du grenat, etc. Ces petites exploitations, d'ampleur limitée ont quasiment disparu, certaines ne sont malheureusement plus localisables. Il aurait été intéressant pour la connaissance de la minéralogie de la France qu'un inventaire exhaustif de ces gisements et de leur minéralisation soit réalisé, par la reprise artisanale des exploitations dans une perspective de production de spécimens minéralogiques. Les beaux spécimens de scorodite vert-bleu de Vaulry, trouvés vers 1840 sont à rappeler. D'autres gisements moins intéressants de ce minéral sont à Puy-les-Vignes et à Cieux.
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Dernière Mise à jour : 02 Novembre 2003
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