La géologie, les minéraux et les fossiles.
Les dossiers de Géopolis (1-2-3-4-5-6-7-8-9-10-11-12-13-14-15-16-17-18-19-20-21-22-23-24-25-26-27-28-29-30-31-32-33-34-35-36-37-38-39-40-41-42-43-44)


Liste des sujets abordés dans cette rubrique
   
Dossier - Un tour de France minéralogique
par Frédéric Delporte
Delporte.frederic@wanadoo.fr
Ce texte est extrait du catalogue de la 40ème exposition-bourse de Minéraux, Gemmes et fossiles de Sainte-Marie aux Mines 2003
En Lozère, la mine de Sainte-Lucie, exploitée depuis la fin du XIXème pour le plomb jusqu'aux années 1940, fut retravaillée vers la fin des années 1980 pour les spécimens minéralogiques. Le gisement était connu pour un minéral peu commun, la stolzite, un tungstate de plomb. Il fut découvert alors les meilleurs spécimens connus de l'espèce, aussi bien en taille, jusqu'à 7 cm, qu'en esthétique. Les cristaux de stolzite sont parfois associés à des cristaux de cérusite, plus rarement à la pyromorphite ou à la galène. Diverses équipes de prospecteurs courageux ont prospecté cette mine. Elles ont pu ainsi enrichir la connaissance de la minéralogie de la France et contribuer à la protection de patrimoine minéralogique. Suite à ces découvertes, de nombreuses publications ont pu être faites.
STOLZITE
5.5 x 3.5 cm
Mine de Sainte-Lucie, Saint-Léger de Peyre, Lozère
Coll. D.Goll
Photo : Louis-Dominique Bayle ©
Dans le Gard, la mine des Malines, à Saint-Laurent Le Minier couvre une surface de 3 km par 2,5 km, et les travaux représentent environ 300 km de galerie. La mine ferma en 1994, après avoir produit presque un million de tonnes de métaux, dont du zinc, du plomb, et 250 tonnes d'argent. Le gisement est réputé pour ses spécimens de barite blanche sur lit de sphalérite brune ou rouge, associées à la bournonite grise. La bournonite de Saint-Laurent peut atteindre d'importantes dimensions, les cristaux de plus ou moins 5 cm sont un classique apprécié pour le site, certains cristaux allant jusqu'à 10 cm, ce qui pour l'espèce est proche du record. Les Malines ont produit aussi de curieux spécimens de galène réticulaire.

En Corrèze, près d'Ussel, la mine des Farges fut exploitée de 1972 à 1984. Dès le début de l'exploitation, mais surtout dans les années 1976-1979, de fantastiques spécimens de pyromorphite ont été découverts, notamment dans de variées et vives nuances de vert, très appréciées. Une véritable ruée à la pyromorphite se déclencha, et les spécimens des Farges furent diffusés dans le monde entier. Tous les collectionneurs connaissent le nom de ce lieu dit plus que perdu, et tous les musées de minéralogie se doivent d'en avoir des spécimens, tant leur qualité est exceptionnelle. De récentes découvertes en Chine et aux USA remettent en cause la suprématie des Farges en tant que meilleure source de pyromorphite. Les Farges ont donné également de sympathiques spécimens de wulfénite orange vif sur pyromorphite verte.
PYROMORPHITE
13 x 7 cm
Mine des Farges, Ussel, Corrèze
Coll. Multiaxes
Photo : Louis-Dominique Bayle ©
Dans le massif du Forez, Puy de Dôme, les pegmatites de Beauchaud sont un des hauts lieu de la minéralogie de la France. Les béryls (bleutés, jusqu'à 7 cm), tourmalines (jusqu'à 12,5 cm !) et grenats (maximum 1,7 cm de diamètre) qui ont été découverts sont des plus remarquables. Certains spécimens de grenat sur tourmaline sont époustouflants ! Le gisement n'a été que très superficiellement exploré, la possibilité de fouille de plus grande dimension apporterait beaucoup à la connaissance de la minéralogie de la France.
La fluorite a également été découverte en très beaux spécimens dans le district minier de Langeac, où l'on peut citer les mines de Marsanges (filon de 18 m de puissance!), du Barlet, de Dreyt, et dans le district de Chavagnac-Lafayette. La mine du Beix est bien sûr a ne pas oublier, notamment pour ses fluorite bleue.
La Haute-Loire est également l'origine de légendaires cristaux de zircon et de saphir, recherchés depuis au moins le moyen-âge, et dont les gisements, vers Espaly, ont été étudiés dès la fin du XVIIIème, notamment par Faujas de Saint-Fond.
Toujours dans le Puy de Dôme, les mines de Pontgibaud et plus particulièrement la mine du Pranal, ont produit de bons spécimens de galène, de bournonite et surtout de remarquables spécimens de tétraédrite riches en argent, variété freibergite.

Au début des années 1970, à la mine de Maine-Reclesnes près d'Autun en Saône et Loire fut découvert vers -125 mètres de très importantes géodes, de plusieurs dizaines de mètres carrés, entièrement tapissées des cristaux de barite jaune en "sifflet" ou en "coins". Le gisement fut productif jusqu'à la fin des années 1970.
BARYTINE
19 x 12 cm
Mine de Maine-Reclesne, Saône et Loire
Coll. Gautron
Photo : Louis-Dominique Bayle ©
En Saône et Loire encore, le gisement de manganèse de Romanèche est célèbre pour deux minéraux qui y ont été découverts, la romanèchite et l'arsénosidérite. Les meilleurs spécimens de ces espèces y ont été trouvés vers le milieu du XIXème siècle. L'arsénosidérite le fut en 1841 par Tony Lacroix, grand père d'Alfred Lacroix, le célèbre professeur de minéralogie au muséum à Paris. L'espèce fut décrite et nommée par Dufrenoy.

Les mines de Chessy, à 25 km au Nord-Ouest de Lyon, sont connues depuis le XVème siècle. Un édit de 1413 de Charles VI évoque la mine. En 1809, le maître mineur saxon Wöller découvre un important filon de carbonate de cuivre, en l'occurrence d'azurite, dès lors appelé "mine bleue", de la couleur de ce minéral. De très nombreux et magnifiques spécimens d'azurite, de malachite, de smithsonite et de cuprite, le plus souvent pseudomorphosée en malachite, sont découverts. Ce gisement, célèbre dans le monde entier, resta pendant un siècle le meilleur pour ces espèces. Depuis d'autres gisements ont produit des spécimens plus spectaculaires, mais les spécimens de Chessy reste un grand "classique" de la minéralogie. La mine s'appauvrit dès la fin des années 1830. Vers la fin du XIXème siècle, le gisement est exploité pour la pyrite, qui sert alors à fabriquer de l'acide sulfurique, tout s'arrête en 1877. Il y a alors longtemps que les beaux spécimens ne sortent plus de la mine. Un des terrils de la mine a été acheté dans les années 1980 par une association de minéralogie. Des fouilles y sont possible après autorisation.
CUPRITE & AZURITE
3.7 x 2.5 cm
Mine de chessy, Rhône
Coll. D.Boël
Photo : Louis-Dominique Bayle ©
Le gisement français qui a produit le plus d'espèces de minéraux est la mine de Cap-Garonne, près du Pradet, Var. Cette mine a donné une centaine de minéraux différents, avec plusieurs espèces nouvelles identifiées ces trois dernières décennies, dont bon nombre portent le nom des minéralogistes amateurs qui les ont découverts.

Au nord du massif de l'Esterel, non loin de Cannes, la mine de Fontsante, une importante mine de fluorite, a été exploitée jusqu'en 1986. Des spécimens de fluorite de toutes les couleurs ont été extrait : des incolores, "en stalactite", avec des cristaux violets, rosés, verts, jaunes aux formes les plus variées comme le cube ou l'octaédre. De plus outre le quartz, la galène, la calcite et la barite, des minéraux plus inhabituels tel que l'acanthite et la proustite ont été découverts.

En haute vallée du Var (Alpes Maritimes), dans les gorges de Daluis, les anciennes mines du dôme de Barrot ont produit une exceptionnelle minéralogie. En effet, pas moins de six espèces nouvelles depuis moins de 10 ans ont été identifiées. De plus, de très beaux spécimens de cuivre natif y ont été découverts, notamment lors de l'activité minière de la fin du XIXème siècle, plus particulièrement aux indices de Roua.

Dans les Alpes de Haute-Provence, à Saint-Pons, d'importantes lentilles de sidérite contenues dans des marnes callovo-oxfordiennes contiennent une minéralisation sulfurée. Vers la fin des années 1980, de fabuleuses découvertes de rare sulfosels de plomb et de cuivre ont été faites. Les meilleurs spécimens connus de chalcostibite sont découverts, de même que de très bons spécimens de zinkénite et dadsonite, Saint-Pons étant la cinquième référence mondiale pour l'espèce. Plus classique, la paragénèse comprend également de la bournonite, de la boulangérite et de la tétraédrite.
ZINKENITE
4.4 x 2.9 cm
Saint-Pons, Barcelonnette, Alpes de Haute-Provence
Coll. J.M Fourcault
Photo : Louis-Dominique Bayle ©
.../...

Accueil Dossier précédent Haut de page Dossier suivant
Dernière Mise à jour : 02 Novembre 2003
La minéralogie de la France - La Minéralogie