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Liste des sujets abordés dans cette rubrique
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- Stratigraphie et datation relative
- L'Evolution
- Chessy, Rhône, un site minéralogique français remarquable
- Oursins, quelques généralités sur le genre Micraster
- La radioactivité naturelle
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| Dossier - Un tour de France minéralogique
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par Frédéric Delporte Delporte.frederic@wanadoo.fr Ce texte est extrait du catalogue de la 40ème exposition-bourse de Minéraux, Gemmes et fossiles de Sainte-Marie aux Mines 2003 |
L'Oisans, en Isère est depuis la fin du XVIIIème siècle un paradis pour les minéralogistes. De nombreux gisements s'y trouvent et produisent des spécimens remarquables. Citons la mine d'or de La Gardette, exploitée dès 1781, qui n'a jamais produit beaucoup d'or mais qui, par contre, a produit de fantastiques spécimens de quartz, parmi les meilleurs au monde. Les cristaux de quartz sont parfois maclés à 84°33, en macle dite de La Gardette. Cette macle a été décrite pour la première fois à partir de spécimens de cette mine par Weiss en 1829, puis réétudiée par Des Cloizeaux vers la fin du XIXème siècle. Cette mine a produit également de gros cristaux de chalcopyrite, de la brannérite, de l'aïkinite, de la sidérite, des spécimens d'or, etc. Une autre mine historique d'Oisans est la mine des Challanches, exploitée à partir de 1767 jusqu'à la fin du XVIIIème siècle. Dix tonnes d'argent y ont été extraites, ce qui somme toute en fait un petit gisement, mais le minerai y était concentré et donc l'exploitation fut très rentable. Environ soixante espèces de minéraux y ont été découvertes. Un oxyde d'antimoine y a été identifié pour la première fois en 1783 par Mongez et nommé valentinite, ainsi qu'une association particulière de deux substances : un minéral, le stibarsen (AsSb hexagonal), et un élément natif, l'antimoine. Cette association est nommée allemontite, d'après le village d'Allemond. D'autres gisements en Oisans ont été la source de premières descriptions. Citons la découverte de l'épidote au Cornillon en 1782, celle de l'axinite vers 1780/81 à la Balme d'Auris, de l'anatase en 1783, remarqué par De Bournon au filon de Font-Poulain, commune de Maronne, également co-localité type avec Chamonix pour la titanite décrite par Pictet en 1787, de la brookite au Plan du Lac, co-localité type avec un gisement du Royaume Uni, Tremadog. |
 | FERRO-AXINITE 10 x 6.6 cm La Balme d'Auris, Auris en Oisans, Isère Coll. D.Boël Photo : Louis-Dominique Bayle © |
| On ne peut oublier les remarquables spécimens de préhnite de la Rivoire et de la combe de la Selle, produisant des spécimens parmi les meilleurs de l'espèce. Romé de l'Isle décrit la préhnite en 1783 suite à une découverte de De Bournon, et Haüy dans sa "Minéralogie ", publiée en 1801, évoque les spécimens découverts par Schreiber à la Rivoire en 1782. |
 | PREHNITE 7 x 4.6 cm Combe de la Selle,Saint-Christophe en Oisans, Isère Coll. P.Guiguet-Bologne Photo : Louis-Dominique Bayle © |
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Le massif au sud d'Allevard a été l'objet d'exploitation pour le fer à partir de la sidérite depuis le Moyen-Age. D'excellents spécimens de sidérite, de quartz, parfois en macle de La Gardette, de quartz sur sidérite font de ce gisement un haut lieu de la minéralogie. Les sidérites d'Allevard peuvent être considérées comme parmi les meilleures connues. La bournonite et la tétrahédrite ont également été découvertes à Allevard. La plupart des spécimens ont été extraits dans la deuxième moitié du XIXème siècle. |
 | QUARTZ sur SIDERITE 7 x 4 cm Mine d'Allevard, Isère Coll. Multiaxes Photo : Louis-Dominique Bayle © |
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Entre Maurienne et Tarentaise, en Savoie, la massif de la Lauzière est riche de nombreuses espèces curieuses. On peut remarquer plus particulièrement l'anatase avec des cristaux jusqu'à 4,6 cm, ce qui est remarquable pour l'espèce. |
 | ANATASE 2.1 x 1.4 cm Le Plan du Lac, Saint-Christophe en Oisans, Isère Coll. P.Guiguet-Bologne Photo : Louis-Dominique Bayle © |
Le quartz est recherché depuis des siècles dans le massif du Mont-Blanc, des documents l'attestent dès le dix-septième siècle. A cette époque les cristaux sont recherchés pour être vendus aux tailleries, notamment de Paris, Genève et Milan. Les hommes exploitant les cristaux de quartz pour en faire le commerce sont appelés "cristalliers". L'intérêt pour les spécimens de collection n'apparaîtra qu'à la fin du dix-huitième siècle. De nos jours encore, d'intrépides cristalliers parcourent le massif du Mont-Blanc à la recherche de spécimens. La pratique de l'alpinisme est de rigueur. Cette collecte permet de sauver de très nombreux spécimens, qui sinon seraient détruits par l'érosion, notamment le gel, la glace et les éboulements. Le massif produit de fantastiques cristaux de quartz fumé et incolore, parfois avec une cristallisation particulière appelée "peigne", et d'inouïs cristaux de fluorite rose, les meilleurs connus. De très nombreuses autres espèces ont été découvertes. Diverses publications existent à ce sujet, dont un remarquable hors série de la revue "Le Règne Minéral". |
 | FLUORITE ROSE 20 cm Massif du Mont-Blanc, Chamonix, Haute-Savoie Coll. W.Thompson Photo : Jeff Scovil © |
En Alsace, les mines de Sainte Marie aux mines sont depuis longtemps réputées pour les nombreuses espèces de minéraux qui s'y trouvent. Le célèbre Monnet écrivait suite à sa visite de la vallée Ste-Marie en 1757 qu' «au nom des mines de Ste Marie, ceux qui ont quelques connaissances dans l'histoire de l'exploitation des mines, reconnaîtront une des plus renommées, des plus anciennes et des plus considérables du monde et qui les surpasse peut-être toutes par la variété et la quantité prodigieuse de mines et minéraux qu'elle a fournie. Si quelqu'un en doutait, il n'a qu'à consulter les catalogues des cabinets minéralogiques des princes. Il se convaincra que presque les plus beaux morceaux de toutes les espèces qui composent les collections sortent de cette exploitation. En effet, si l'on excepte l'or et l'étain, il n'y a point d'espèces de métal, mines et minéraux que les filons de Sainte-Marie n'aient fournis...». Monnet nous dit également qu' «en 1770, on trouva une grande quantité de terre molle, ou ce que les mineurs appellent gur d'argile ou letten, dans laquelle on découvre environ 60 macs d'argent vierge, sous forme de filets entortillés les uns autour des autres et formant des pacquets, ou de petites branches fort fines. On n'eut que la peine d'emporter par le lavage cette terre et d'en séparer l'argent, qu'on vendit presque entièrement aux amateurs d'histoire naturelle...». Mühlenbeck rapporte que l'on découvrit dans la mine "Glückauf" en 1772 «de l'argent natif arborescent d'une telle beauté qu'on ne le fondit point, mais qu'on le vendit tel quel».
De nombreuses espèces ont été découvertes pour la première fois au monde en vallée de Sainte-Marie aux Mines dont une bonne partie ces dernières décennies, notamment à la mine Gabe-Gottes, niveau -40 (www.gabe-gottes.com). Notons la dervillite, la ferrarisite, la fluckite, la mcnearite, la phaunouxite, la rauenthalite, la sainfeldite, la villyallenite et la weilite. Le filon Saint-Jacques dans la vallée de Sainte-Marie est réputé pour la lautite, dont il constitue l'un des meilleurs gisements connus au monde. Différentes mines de la vallée sont célèbres pour les minéraux de néoformation, notamment des arséniates calciques et calcomagnésiens tels que la pharmacolite et la picropharmacolite, ou encore la monohydrocalcite.
D'autres sites seraient à développer pour les Vosges, comme la mine Saint-Nicolas à Steinbach, près de Mulhouse, où l'association "Potasse" réalise un colossal travail de mise en valeur du site (www.kalitroc.com), ou encore Framont-Grandfontaine pour ses scheelites et phénacites, Maxomchamps pour ses fluorites, etc.
En conclusion, un état de l'étude de la minéralogie de la France peut être donné par Henri-Jean Schubnel, Professeur au muséum à Paris, et Pierre-jacques Chiappero, maître de conférence au muséum à Paris : "A partir des années 1980, l'activité de minéralogie descriptive a diminué jusqu'à disparition quasi complète en France. Depuis lors, très peu de scientifiques ou universitaires en France s'intéressent à la minéralogie descriptive, de sorte que les nombreux amateurs existants se tournent de plus en plus vers l'étranger. Les résultats sont particulièrement impressionnants. De 1985 à 1995, environ 1/4 des 84 espèces nouvelles découvertes pour la première fois en France ont été décrites par des chercheurs étrangers consécutivement à des envois faits par des amateurs. Ce chiffre peut être expliqué en partie par l'existence d'une technologie permettant de décrire des minéraux de plus en plus petits. Mais il est aussi lié à la maturité intellectuelle de la communauté des minéralogistes amateurs qui avec le développement des bourses et la facilité des échanges internationaux a acquis une grande expérience visuelle, apte à reconnaître bien souvent le caractère si ce n'est nouveau tout au moins intéressant des minéraux qu'elle recueille. Par leur grand nombre, ces amateurs multiplient les observations et donc les chances de rencontrer de nouvelles espèces, ce que les résultats prouvent depuis de nombreuses années".
Ces quinze dernières années, le nombre de publications sur la minéralogie de la France écrites par des non professionnels, seuls ou en collaboration avec des professionnels, est particulièrement important : articles dans des revues spécialisées, édition d'ouvrages particuliers, etc. La minéralogie de la France et en France a ainsi bénéficié d'un phénoménal renouveau, et d'un dynamisme extrêmement soutenu.
Nos vifs remerciements à Louis-Dominique Bayle et Jeff Scovil pour les photos qui illustrent cet article |
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Dernière Mise à jour : 02 Novembre 2003 La minéralogie et les minéraux - Forum minéralogie |
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