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Les Brachiopodes du Jurassique du Poitou, de Jean-Michel Minot, avec la collaboration de Patrick Branger. |
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| Les Brachiopodes du Jurassique du Poitou, de Jean-Michel Minot, avec la collaboration de Patrick Branger. |
Les Brachiopodes du Jurassique du Poitou
Des débuts de sa formalisation scientifique à nos jours, la Paléontologie a toujours été, reste, et restera, une discipline fondamentalement naturaliste, basée sur l’étude d’objets récoltés sur le terrain. Les progrès significatifs dans la connaissance des organismes seront toujours dépendants du temps consacré aux collectes et aux recherches concrètes, même si cette partie du travail n’est pas souvent reconnue à sa juste valeur par les instances évaluant la « qualité » de la recherche.
Historiquement, une bonne part des grandes monographies paléontologiques de France a, finalement, été réalisée par des « non-professionnels ».
Certes, la discipline « Paléontologie » a beaucoup évolué depuis le XIXème siècle : elle est devenue plus technologique, plus mathématique, parfois même plus ludique et plus ésotérique ; certes, en 2007, on ne peut plus se contenter de trouver un caillou et de le décrire en fournissant une belle image qui n’intéressera que le collectionneur d’image.
Pourtant et paradoxalement, jamais les travaux portant sur l’inventaire de la biodiversité (actuelle comme fossile) n’ont été aussi développés, en France comme à une échelle plus globale. Ces inventaires paléontologiques sont souvent réalisés par le truchement du décryptage des données déjà « acquises », accessibles par la littérature ancienne. Souvent ces données mêlent des informations de qualité inégale, voire totalement caduques. Lorsque cela est possible, il serait souhaitable de réactualiser les données ou de tester leur robustesse, avant de les incorporer dans les bases et dans les raisonnements.
Peu après avoir été sollicité pour « jeter un œil » sur le travail que préparait Monsieur J.M. Minot, j’avoue avoir été doublement étonné : d’une part, par l’ampleur du travail monographique réalisé et, d’autre part, par l’originalité du support paléontologique choisi . En effet, les brachiopodes sont loin d’avoir une forte cote chez les « non-professionnels » de la Paléontologie.
Sur le plan scientifique, les informations portées par l’ouvrage de J.M. Minot sont nombreuses et diversifiées, et potentiellement utilisables dans des travaux synthétiques portant sur l’étude de la paléo-biodiversité des brachiopodes ou du Jurassique. Ce travail est de toute façon parfaitement indispensable, puisqu’il fournit un inventaire régional précis pour un groupe en général relativement délaissé. Même en 2007, il permet d’insister sur les innombrables vacuités qui subsistent dans la connaissance et dans l’inventaire des organismes fossiles, dans une Europe qui est pourtant le berceau de la Science paléontologique. Il permet de relativiser l’état des connaissances acquises pour d’autres régions de France ou d’ailleurs. Si cet ouvrage ne fera pas apparaître la région traitée comme le centre de l’univers par où passent toutes les révolutions jurassiques, il permet de fixer des objectifs élevés à atteindre par l’acquisition des données dans les autres régions. A tous ces titres, il est parfaitement utile et indispensable.
Au final, on pourra toujours objecter que le document façonné et produit par J.M. Minot reste bien imparfait, au regard des normes requises pour entrer strictement dans les canons de la beauté scientifique. Il est certain que s’il sert de support à des travaux « académiques » publiés ultérieurement, ceux-ci seront calibrés très différemment. Pour l’heure, ce document « monumental » sert plusieurs objectifs qui sont fondamentaux, en rendant accessible à toutes les gammes de publics des données multiples, enfin centralisées et actualisées. Tous les lecteurs, enfants, curieux, naturalistes occasionnels ou plus passionnés, éventuellement enseignants et même professionnels de la Paléontologie du Jurassique, peuvent y trouver des informations utilisables et au niveau qu’ils désirent. Ce travail constitue une source difficile à tarir, de données qui pourront être utilisée dans les prochaines années, par les chercheurs s’intéressant soit aux brachiopodes, soit au Jurassique, soit au centre-Ouest de la France ; n’oublions jamais que les grandes monographies (inventaires pionniers) du XIXème siècle, font toujours partie des documents les plus utilisés par les paléontologues professionnels du XXIème siècle…
Autre vertu essentielle à mes yeux, la fiabilité des résultats acquis dans le travail de J.M. Minot est rarement atteinte dans les nombreuses publications d’amateurs qui fleurissent en France depuis une vingtaine d’années. Ce type de rigueur et d’investissement privé, très professionnels, devraient être plus largement encouragés et défendus… Surtout à une époque où, au-delà de la Paléontologie, les disciplines culturelles, de connaissance pure, ou non strictement marchandes, sont loin d’être des priorités nationales.
Villeneuve-d’Ascq, 23 Mai 2007
Philippe Courville
Paléontologue
Maître de Conférences, Université de Rennes-1 & U.M.R. CNRS 8014, Villeneuve d’Ascq
INTRODUCTION
Nomenclature stratigraphique utilisée
Dans une base de données informatisée, il est aisé de trier, par ordre croissant ou non, des données chronologiques : il suffit de créer un champ numérique pour les années allant par exemple de l'an 1000 à l'année 2007.
Avec les dizaines de millions d'années du Jurassique, il nous fallait en quelque sorte une base de données temporelle d'ordre géologique universel, et donc créer une échelle spécifique (reproduite sur l'encart plastifié marque-page). Chronologiquement, en choisissant arbitrairement de 100 à 199 pour l'ère primaire,
nous avons pris ensuite la numération 200 à 299 pour l'ère secondaire,
200 à 206 réservés à la période du Trias, qui inaugure l'ère secondaire,
282 à 299 attribués à la période du Crétacé, qui clôture la même ère secondaire.
La numération 207 à 281 pouvait s'appliquer au Jurassique avec ses 70 millions d'années, chaque nombre correspondant peu ou prou à 1 million d'années. Dans notre monographie, l'en-tête de chaque fiche décline la stratigraphie numérisée propre à chacune des 382 espèces décrites. L'encart mobile permet de situer immédiatement, à un million d'années près dans le Jurassique, dans quels étages, zones ou sous-zones, telle espèce a été reconnue en Poitou. Ce tableau synoptique met en parallèle quelques correspondances de dénominations stratigraphiques, par exemple anglo-saxonnes, ou utilisées par les géologues au 19ème siècle et jusqu'en 1920, pour des provinces dites : franco-jurassienne ou celtique, anglo-germanique, rhodano-souabe, ou celto-souabe.
La base de données créée à partir de cette nomenclature stratigraphique va pourvoir s'enrichir à l'acquisition de tout nouvel ouvrage, thèse ou article de référence. Il suffit de faire l'inventaire alphabétique des noms de genres et d'espèces, avec la stratigraphie relevée par l'auteur et de la coder avant de l'intégrer à cette base. On créera autant de champs que nécessaires pour inclure les données : pays, départements, canton, communes, sites, auteurs, inventeurs, dates, stratigraphie, étages, sous-étages et zones, sous-groupes de brachiopodes : Spirifers, Rhynchonelles, Térébratules, Zeilleries, et bien sûr les numéros de collections personnelles pour chaque espèce. Cela permet, par une simple sélection de trois tris croissants dans cette base de données, d'obtenir la liste les auteurs de référence ayant figuré telles espèces, ou tout autre choix, comme par exemple :
- la liste des Rhynchonelles du Jurassique supérieur décrites en France, ou (et) en Pologne,
- ou les Térébratules reconnues en Europe au Bajocien inférieur, puis supérieur,
- le listing des brachiopodes (dans notre collection) que nous avons récoltés, par sites d'origine, dans le Calvados,
- la succession des espèces reconnues dans les 54 mètres de sédiments, déposés pendant 20 millions d'années, qui constituent les fronts de taille de la carrière de la cimenterie d'Airvault en Deux-Sèvres.
Le travail de reconnaissance, puis d'identification des espèces est ainsi grandement facilité, mais à une condition incontournable : avoir reconnu, ou contrôlé précisément en place, la stratigraphie des récoltes. Il est indispensable également sur le terrain, de classer dans des boites ou des sacs séparés les taxons, non seulement par origine géographique très précise, mais également dès que l'on change de strate décimétrique.
La Collection
Il s'agit d'un inventaire de faunes fossiles, donc mortes, et non protégées, ce qui autorise la collection. Cette publication comportant de très nombreuses espèces inédites en France et (très probablement) quelques espèces nouvelles, sa conservation doit être envisagée dans un lieu accessible au public.
Les Musées de Niort, de la compétence désormais de la CAN (Communauté d'Agglomération de Niort 79), qui ont déjà été co-éditeurs en partenariat avec l'APGP (Association pour la Promotion de la Géologie et de la Paléontologie en Poitou-Charentes Vendée), lui ont confié également le classement et la présentation (à finaliser courant 2007) des collections de fossiles dans le département d'Histoire Naturelle, pour la salle de Géologie du nouveau Musée d'Agesci qui vient d'être inauguré et ouvert au public. Le conservateur, Mr Christian Gendron, a par ailleurs encouragé l'auteur à publier cet ouvrage. La présentation, (et peut-être la conservation ?), de cette collection poitevine pourrait être envisagée dans le cadre du Musée d'Agesci.
Le muséum d'Histoire Naturelle de la Rochelle pourrait également être intéressé.
Pour l'instant, cette collection, dans le cadre de l'Association pour la Promotion de la Géologie et de la Paléontologie en Poitou-Charentes-Vendée dont le siège est à Niort, est la propriété (à plus de 99 %) de l'auteur Jean-Michel Minot. Le tout représente autour de 50.000 fossiles, dont 24.000 brachiopodes (environ !), sortis de leur gangue et préparés.
Des Nouveautés
C'est le premier inventaire systématique régional, donc provisoire, des brachiopodes de l'ensemble du Jurassique du Poitou, fruit d'une sortie en moyenne hebdomadaire sur le terrain de 1996 à 2006, enrichi d'apports ponctuels de géologues ou d'autres paléontologues amateurs (que nous remercions par ailleurs), amateurs mais éclairés, car sachant reconnaître la stratigraphie, sans laquelle il n'est pas d'étude paléontologique possible.
Les quelques espèces de brachiopodes reconnues dans la région, et citées par les auteurs entre 1847 et 2004, ne l'ont été que ponctuellement à l'occasion d'ouvrages, thèses ou monographies, portant sur des études particulières ou plus générales comme un étage géologique, la stratigraphie d'une région, la description d'une famille d'ammonites, ou un inventaire particulier de brachiopodes, comme par exemples ceux du Bajocien du Mâconnais (Roché, 1939), ceux de la bordure Vivaro-Cévenole (Alméras-Elmi 1998), ou ceux du Fullers Earth anglo-saxon (Muir-Wood 1936), ou encore les Zeilleries du Lias européen (Delance 1974).
Plusieurs affleurements nouveaux particulièrement riches font l'objet de coupes géologiques inédites, levées par Patrick Branger, docteur en géologie et collaborateur du BRGM.
50 zones géologiques, sur la soixantaine décrite dans le Jurassique du Poitou, ont été repérées, avec une découverte : la confirmation de l'existence de l'une de ces zones (zone à Discus du Bathonien terminal), vainement cherchée dans le Poitou depuis 150 ans, et reconnue par Patrick Branger au centre routier de La Crèche en Deux-Sèvres.
Un petit patrimoine sauvegardé opportunément, avant destruction, car broyé, ou ré-enterré pour des siècles, comme par exemple en Deux-Sèvres le Banc pourri du Bathonien inférieur du Poitou, sous la rocade à l'est de Niort entre Chaban et Aiffres, ou bien l'Oxfordien inférieur et moyen, sous les ronds-points de la rocade au sud de Niort, et aussi les faunes prélevées et les coupes inédites levées par Patrick Branger sur des sites désormais recouverts de bitume ou de béton, tels le Bajocien supérieur sous l'A.83 au viaduc de l'Egray à Sainte-Ouenne, ou encore les 18 mètres de tranchées du Bathonien moyen et supérieur progressivement enherbées au bassin d'orage de François, sur l'A.83, près du viaduc sur la Sèvre Niortaise.
Au regard des 515 espèces de Brachiopodes recensées par le Groupe Français d'Etudes du Jurassique (GFEJ) dans la Biostratigraphie du Jurassique Ouest-Européen et Méditerranéen en 1997, que nous avons intégrées dans notre base de données, nous avons découvert, reconnu et décrit en Poitou 382 espèces, parmi lesquelles une centaine d'espèces inédites en France, inédites essentiellement par défaut de recherche.
Parmi cette centaine, il faut noter en particulier une douzaine d'espèces, qui, à ce jour, avaient été décrites (seulement) à Balin en Pologne (Szajnocha, 1879), et que nous avons reconnues dans le Callovien basal, sur la déviation de la RN 148, à Niort-Saint-Liguaire 79, (et partiellement sur le centre routier à l'entrée de La Crèche 79), zone récemment présentée, par Alméras et al. (GFEJ, 1997), comme dépourvue, en France, de brachiopodes.
A été reconnue en même temps une association paléontologique marquant le tout-début du Callovien. En effet la découverte à Saint-Liguaire de l'ammonite Kepplerites keppleri (Oppel) prouve que la base de la zone à Herveyi et celle de la zone à Bullatus sont parfaitement contemporaines. Cette récolte permet de corréler précisément les deux domaines paléogéographiques nord-téthysien et subboréal (P. Branger, inédit).
Nous avons découvert également des espèces nouvelles dont la première est en cours d'agrément auprès de la communauté scientifique : manuscrit remis en Août 2003 à l'Académie des Sciences (Réf. - PAL 03-506).
Nous pouvons par ailleurs mettre à la disposition de la communauté scientifique de nombreux taxons reconnus, ou redécouverts dans le Poitou, et pouvant servir de néotypes, en remplacement des types de la collection de Brachiopodes de E. Eudes Deslongchamps, décrits dans la Paléontologie Française (1862-1885), disparus à jamais sous les bombardements qui ont détruit le Musée de Caen en 1944. Nous les avons pratiquement tous retrouvés.
Cette proposition peut représenter un futur projet, à soumettre à l'attention de la Recherche scientifique française, ou au Muséum d'Histoire Naturelle de Paris, accompagné d'un droit de suivi par nos associations.
La collection Deslongchamps concernait surtout le volume VI - Brachiopodes (1862 - 1885), Terrains Jurassiques, Paléontologie Française.
Ce monument scientifique était le premier du genre, à visée universelle, et comportait donc, tous les taxons-types de brachiopodes, décrits jusqu'au mois d'août 1885. C'est ce patrimoine disparu que nous avons re-découvert, certains spécimens en meilleur état que les originaux décrits.
Dans la même veine, nous avons reconnu dans l'étage Callovien pratiquement l'ensemble des espèces décrites par M. Eugène Eudes Deslongchamps 1859, dans son Mémoire sur les Brachiopodes du Kelloway-Rock, ou zone ferrugineuse du terrain Callovien dans le Nord-Ouest de la France, Nord-Ouest qui, pour lui, concernait le Maine-et-Loire, la Sarthe, l'Orne, le Calvados, et aussi le Boulonnais.
La nouveauté consiste à élargir l'acception Nord-Ouest de la France à la région du Poitou, et en particulier aux départements de la Vienne (ouest) et des Deux-Sèvres, ce qui représente une légère extension méridionale et occidentale pour pratiquement toutes les espèces décrites dans ce mémoire.
Enfin plus précisément, nos (re)-découvertes ont ainsi permis, après un siècle et demi d'oubli, de revisiter systématiquement ce mémoire, et également de le réviser, tout en disposant désormais de néotypes pour tous les taxons disparus.
Nous avons regroupé une bibliographie de 320 documents de référence, dont 250 ici concernant le Jurassique, soit la presque totalité des ouvrages spécialisés, thèses, communications ou articles européens occidentaux parus sur le sujet depuis 1838 avec Léopold Von Buch, jusqu'à 2006. Il s'agit d'originaux pour les thèses et les ouvrages récents, et simplement de documents photocopiés pour nombre de ceux antérieurs à 1936, en particulier les planches de lithographies avec leurs légendes, acquises par l'APGP auprès de l'Université des Sciences de la Terre de Lyon-Villeurbanne. On peut regretter que n'existe pas, pour la géologie et la paléontologie, un organisme officiel, subventionné pour scanner et diffuser gratuitement par Internet l'ensemble des ouvrages spécialisés parus depuis le début du 19ème siècle, plus particulièrement les très belles planches lithographiées.
Plus de 500 photos couleurs sont présentées et légendées avec les noms de genre et d'espèce, les mensurations (longueur, largeur, épaisseur), l'âge géologique et les noms des communes des sites poitevins où l'espèce a été reconnue. Cette iconographie regroupe 3500 clichés numériques de brachiopodes sur 4 faces (frontal, profil, ventral et dorsal pour chaque espèce) intégrés in texto avec chaque fiche. Cette iconographie a permis à nos associations de constituer plusieurs diaporamas à thème pour illustrer vers le grand public les expositions, publications, conférences ou sorties sur le terrain.
Pour nous, le premier objectif recherché ici était la mise à disposition d'un inventaire paléontologique, (de valeur scientifique), démocratisant le goût de la recherche géologique et paléontologique (pédagogie amateurs, grand public, scolaires, lycéens, étudiants) : c'est le premier public visé, sans oublier les collectionneurs amateurs, et tout simplement les gens vivant près de la terre ou amoureux de la nature. Il leur est d'ailleurs difficile de consulter les travaux scientifiques spécialisés sur le sujet, comme d'en visiter les collections correspondantes.
C'est pourquoi l'auteur a voulu réaliser un inventaire tout en couleur, certes plus onéreux, pour fournir un produit plus attrayant. Ainsi, tout en restant rigoureux à l'adresse du monde scientifique et universitaire, est privilégiée la pédagogie, et donc à ce titre est donnée l'étymologie de chaque mot nouveau technique. Les descriptions citent les diagnoses des inventeurs ou réviseurs de chaque espèce. Au partage des connaissances et à la démocratisation du savoir, les photos en couleur, lorsqu'elles sont belles, espèrent amener ces publics à trouver dans leurs recherches et leurs futures découvertes autant de plaisir qu'en a eu l'auteur.
Un peu de Géologie, la Géographie en 4 dimensions
Le temps. Au cours de l'ère secondaire, après la période du Trias, et avant celle du Crétacé, la période du Jurassique, de moins 205 à moins 137 millions d'années environ, englobe 12 étages géologiques répartis en trois époques : le Jurassique inférieur, le Jurassique moyen et le Jurassique supérieur.
Ces 12 étages sont présents dans la Région Poitou-Charentes, avec peu de zones d'intervalle non reconnues.
En déclinant l'espace, la géographie, avec la dimension temps, le chercheur est amené à identifier les étages géologiques superposés dans la coupe d'une falaise, d'une tranchée ou d'une carrière (par ex. 3 étages à la cimenterie d'Airvault 79), ou à repérer les étages successifs, juxtaposés à la faveur d'une faille, affleurant sur le territoire d'une commune comme les 9 étages étalés sur la commune de La Crèche 79
(Minot, J-M., 2006 - La Crèche 79, 46 Millions d'années d'affleurements jurassiques sur 9 étages géologiques - éd. APGP - Niort. Diaporama, et impression papier, 168 pp.).
L'unité de temps en géologie, le million d'années (Ma), est une notion concevable mais concrètement cette notion dépasse l'appréhension humaine, comme lorsque devant une falaise ou dans une carrière en exploitation on fait face en contre plongée à un front de taille offrant, parfaitement en place et sans faille, 10 ou 20 millions d'années de sédiments superposés. Cette dimension temps est représentée pour un même territoire géographique par des cartes différenciées : Jurassique inférieur en bleu foncé, moyen en bleu, et supérieur en bleu ciel. L'espace et le temps sont pris en compte avec 12 tableaux successifs des étages géologiques, comportant zones et sous-zones, listant les genres et espèces reconnus, et récapitulant les sites géographiques par le nom des communes.
Le guide géologique régional (Gabilly et al. 1978), édit. Masson, s'intitule à juste titre : Poitou Vendée Charentes, car la notion de région s'entend au sens géologique. Aussi la définition de l'espace du Jurassique du Poitou va s'écarter quelque peu du découpage administratif. Sur toute carte géologique moderne, les affleurements, qui ne préjugent pas du sous-sol à grande profondeur, sont de couleur bleu pour le Jurassique, de couleur vert pour le Crétacé. La définition géologique (du Seuil) du Poitou est naturelle et très simple :
elle est délimitée par les massifs primaires, l'armoricain et le central, de couleur rougeâtre,
et les bassins tertiaires, l'aquitain et le parisien, de couleurs orange et jaune.
Ces affleurements jurassiques concernent environ 15 % de la surface de la Vienne, dont l'agglomération de Poitiers, un tiers de la Charente au nord d'Angoulême, 40 % (au nord) de la Charente Maritime, 10 à 15 % de la Vendée (frange sud), 2 % du Maine et Loire (Montreuil-Bellay et Doué la Fontaine), et surtout 65 % des Deux-Sèvres, avec le thouarsais et tout le sud 79, ce département regroupant à lui seul plus de sites fossilifères et d'espèces que les autres départements réunis. C'est au titre de cette exceptionnelle richesse fossile que nous avons sollicité comme partenaire financier le Conseil Général des Deux-Sèvres, en proposant en contrepartie que chaque collège deux-sèvrien soit doté d'un exemplaire de l'ouvrage.
Et dans le même esprit, en sollicitant le Conseil Régional, nous avons proposé un exemplaire à destination des professeurs des Sciences de la Vie et de la Terre de chaque lycée picto-charentais.
Les communes poitevines, prospectées et reconnues fossilifères en brachiopodes entre 1996 et 2007, sont inventoriées avec les étages géologiques affleurant, et stratigraphiées (datation par les ammonites en zones, sous-zones et horizons) : elles représentent en cumul 172 sites géologiques différenciés correspondant à 91 gisements, répartis sur 2 régions et 6 départements administratifs, soit 2 communes en Charente, 11 en Charente Maritime, 3 en Maine-et-Loire, 13 en Vendée, 13 dans la Vienne, 49 en Deux-sèvres, dont 40 se concentrent en sud Deux-Sèvres sur le bassin versant de la Sèvre Niortaise.
Plus précisément, et successivement, le Jurassique inférieur (surtout Pliensbachien et Toarcien), puis l'ensemble du Jurassique moyen (Aalénien, Bajocien, Bathonien et Callovien), et le début du Jurassique supérieur (Oxfordien) sont les plus riches en fossiles (vestiges de vivants), essentiellement des faunes marines.
En effet lorsque nous déambulons sur les affleurements jurassiques de cette région, soit sur près de 40 % du territoire, nous foulons les sédiments marins, les fonds de l'ancienne mer, la Téthys.
Jean-Michel Minot, (APGP & DSNE).
L'inventaire des brachiopodes du Jurassique du Poitou.
Ouvrage A4 de 256 pages en quadrichromie, au prix de 43,50 euros, plus 6,50 euros de frais d'envoi, par chèque à l'ordre de : APGP-J-M Minot.
Préciser, si l'on désire une facture.
Jean-Michel Minot
6 chemin de Thouars
Chavagné
79.260 La Crèche
Tél : 05.49.25.59.76.
Courriel : jean-michel.minot@wanadoo.fr
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