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  • La récolte des minéraux alluvionnaires
 
 La récolte des minéraux alluvionnaires par Pierre-Christian GUIOLLARD
Membre fondateur de la Fédération Française d'Orpaillage

Haut de page  ORIGINES
La collection des minéraux alluvionnaires n'est pas nouvelle mais fut longtemps le domaine réservé de quelques initiés et surtout des prospecteurs miniers puisque l'étude des alluvions constitue la base de la recherche minière.

Le BRGM qui fit l'inventaire minéralogique systématique du territoire français contribua à faire connaître cette pratique à travers deux ouvrages remarquables :
  • La prospection minière à la batée dans le Massif Armoricain publié en 1969 par messieurs GUIGUES et DEVISME.
  • Atlas des minéraux alluvionnaires par Pierre DEVISME, publié en 1978.
Malgré ces publications (à diffusion relativement restreinte et d'un prix élevé) la collecte des minéraux alluvionnaires resta confidentielle pour plusieurs raisons :
  • la plupart des collectionneurs de minéraux ne connaissaient pas le maniement des outils nécessaires à cette prospection : pan ou batée ni les méthodes de recherche sur le terrain.
  • Lidentification des minéraux alluvionnaires, à quelques exceptions près, apparaît parfois plus complexe, les échantillons sont souvent usés et roulés et la cristallisation difficile à déterminer.
  • Nécessité de posséder un bon matériel d'observation (loupe binoculaire) pour apprécier et identifier les échantillons.
  • La taille des échantillons est évidemment très petite, bien que parfois esthétique, la collection de tels minéraux n'est jamais très spectaculaire.
Dès la fin des années 80, on assiste au développement d'une nouvelle passion : l'orpaillage, la recherche de l'or dans les alluvions des rivières. Ces nouveaux chercheurs sont pour la plupart issus du milieu des minéralogistes "classiques", et très souvent mènent de front les deux passions. Mais là encore le développement de cette activité restera limité. La plupart de ces orpailleurs se contenteront de chercher l'or des rivières avec néanmoins un souci de collection "intelligente", on ne mélange pas l'or du Rhin avec celui de l'Ariège ou du Blavet. Comme les minéraux, chaque or est différent par sa taille, sa forme, sa couleur selon les gisements d'où il provient. La collection devient systématique et chaque échantillon est conservé dans un tube avec identification de la provenance.

C'est seulement depuis ces cinq dernières années qu'on assiste à un intérêt croissant de certains orpailleurs pour les autres minéraux rencontrés dans le fond de leur batée.
Le développement de cet intérêt semble suscité par quelques découvertes spectaculaires réalisées par des orpailleurs dans le Limousin et le Puy de Dôme, notamment de superbes corindons gemmes, bleus, de qualité remarquable. D'autre part le développement des associations et la volonté de certains animateurs de ces associations de faire savoir à leurs adhérents qu'il existe autre chose que l'or au fond d'une batée.

Haut de page ASSOCIATIONS
Aujourd'hui, s'il existe quelques collectionneurs de minéraux alluvionnaires au sein des associations de minéralogie, ceux-ci se retrouvent dans leur majorité dans les associations d'orpaillage dont les statuts mentionnent la plupart du temps, en plus de la recherche de l'or, la recherche des autres minéraux alluvionnaires.

En 1999, il existe 9 associations régionales regroupées au sein de la Fédération Française d'Orpaillage fondée en 1988 par trois orpailleurs collectionneurs de minéraux (Ph. RIVIERE, J.F. VACQUIE et P.C. GUIOLLARD).

Le nombre d'adhérents se situe aux alentours de 300 et l'on peut estimer à une cinquantaine les chercheurs d'or indépendants ou adhérents des associations de minéralogie.

Parmi ces 350 adeptes de la batée ou du pan américain, certains ne pratiquent cette activité que très occasionnellement, pendant les vacances et certainement moins de 30% s'intéressent et recherchent "sérieusement" les autres minéraux alluvionnaires.

Cette activité bien que passionnante reste donc assez marginale, une cinquantaine de pratiquants tout au plus sur le territoire français.

Notons également que la recherche alluvionnaire a fait l'objet de deux PAE (projet d'actions éducatives) aux collèges de Felletin (Creuse) et Pierre-Buffière (Haute-Vienne).

Haut de page LEGISLATION
La législation concernant la recherche de l'or ou des autres minéraux dans les sables des rivières est régie par les textes du code minier. Cette activité peut être considérée comme une activité de recherche, elle peut donc s'effectuer librement moyennant l'accord des propriétaires des terrains concernés à l'exception des zones couvertes par un permis exclusif de recherche qui pourrait avoir été déposé par une société minière .

Pour ce qui est des cours d'eau, ceux-ci peuvent être privés, auquel cas ils appartiennent jusqu'au milieu de leur cours aux propriétaires riverains ; ou du domaine public et dans ce cas il convient de demander l'autorisation à la Direction Départementale de l'Equipement et depuis 1993 à la Préfecture (Mission Inter-Services de l'Eau).

Là les choses se compliquent car depuis 1992 existe une loi (loi n°92-3 sur l'eau de janvier 1992) qui prévoit notamment :"la préservation des écosystèmes aquatiques des sites et des zones humides".

D'autre part l'article 232-3 du Code Rural préconise : "le respect des frayères, des zones de croissance ou des zones d'alimentation ou de réserve de nourriture de la faune piscicole".

Si jusqu'à une époque récente, la recherche en lit vif ne posa pas de gros problèmes dès lors que la propriété privée était respecté, qu'un savoir vivre élémentaire était observé vis à vis des pêcheurs, des baigneurs et des riverains, l'arrivée de certains "éléphants" dans le magasin de porcelaine ne tarda pas à rompre l'équilibre, en particulier dans les départements du Gard et de l'Ariège.

Dans ce dernier département, la gendarmerie est très stricte, tout chercheur doit être muni de son autorisation préfectorale celle-ci devant être demandée en spécifiant la zone destinée à être prospectée. Sur cette autorisation figurent les zones interdîtes à savoir les cours d'eau ou portions de cours d'eau classés au titre de protection du biotope, ces zones sont parfois très étendues, pour le seul bassin de la rivière Ariège et de ses affluents, la quasi totalité du secteur aurifère est concernée ...sic ..

Seul l'usage des instruments traditionnels (batées, pan, sluice ou berceau sont autorisés. Sont catégoriquement exclus les engins motorisés (motopompes, dragues) et l'emploi de produits tels que le mercure ou le cyanure.

D'autre part, obligation est faite de remettre le terrain dans son état initial.

Dans le département du Gard seul l'interdiction des dragues aquatiques est imposée mais tout contrevenant s'expose à la saisie de son matériel, menace exécutoire sur le champs, certain en on fait l'expérience.

Comme chez les minéralogistes, les histoires et petites histoires ne manquent pas, mais là aussi, le manque de savoir vivre de quelques individus entraînera à brève échéance l'apparition de textes de lois et de décrets municipaux générateurs de contraintes quand il ne s'agit pas d'interdictions pures et simples.
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Dernière Mise à jour : 11 Mars 2001
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