La géologie, les minéraux et les fossiles.
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DOSSIER : Site et Histoire de l'exploitation des Mines de STEINBACH en Haute Alsace [2/4]
par Freddy LIBMAN
du Club Dauphinois de Minéralogie et de Paléontologie



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Une exploitation mouvementée liée à l'histoire de l'Europe centrale
Depuis l'apparition des premiers occupants de la civilisation Danubienne, la plaine du Rhin a toujours été un pays d'invasion et de convoitises. Seuls les empires romain et celui de Charlemagne avaient apporté de relatives périodes de stabilité. Les affleurements de minerais furent ainsi exploités très tôt, probablement avant l'époque romaine déjà.
Les filons du district minier des Vosges du sud ont été mis en valeur, pour une période effectivement connue, du 16ème siècle au tout début du 20ème siècle, en particulier pour le plomb argentifère. Mais il est à peu près admis, voire certain, que les premières exploitations minières organisées remontent à l'époque de l'empire romain.
Pour les différentes mines de Steinbach, la production totale en galène depuis le 17ème siècle, a été estimée à 2000 tonnes environ de minerai marchand. L'exploitation principale et les lieux des premiers traitements, se situaient toujours dans le vallon du Silberthal, autour de la place de la mine St Nicolas .La hauteur totale des niveaux exploités dépasse 200 mètres, dont près de la moitié se situe sous le niveau du ruisseau qui coule dans le thalweg.
Les mines de Steinbach et de son district immédiat, alimentaient jusqu'en 1700 environ les hauts fourneaux de Giromagny (actuel terr.de Belfort), puis ceux de Masevaux, y compris après l'annexion de l'Alsace à l'Empire Allemand. La première mention connue de travaux miniers à Steinbach, de l'époque que l'on peut qualifier de moderne, date de 1477, pour une concession de quatre mines au lieu dit "Amselkopf" (tête de merles) et situées en hauteur au-dessus du vallon.
Il semblerait, que la période d'exploitation la plus productive devait se situer durant les années 1560 à la guerre de trente ans. Durant cette période et jusqu'au traité de Westphalie en 1648, le district minier de Steinbach marquait les confins ouest de l'Empire d'Autriche. Il était soumis alors, à la juridiction minière de Giromagny, qui dépendait de la seigneurie de Montbéliard alliée à la maison des Habsbourg.
Après la guerre de trente ans et le pillage de la haute Alsace par les Suédois, la province, morcelée entre les Habsbourg, la Maison de Lorraine, les Princes Évêques de Strasbourg et ceux de Bâle, la Décapole et la Ville de Mulhouse qui était associée aux Cantons suisses, fut rattachée au royaume de France. Les concessions minières des Vosges méridionales passèrent aux mains du Cardinal Mazarin, avec les Comtés de Rosemont-Giromagny-Ferrette. L'activité minière devait alors rapidement décroître pour s'arrêter vers 1710. Elle connaissait bien quelques tentatives de reprises entre 1750 et 1860. Durant cette période, l'activité se déplaçait sporadiquement vers les filons ferreux. Mais la production restait très limitée et ne dépassait pas les 400 tonnes par an, pour le filon le plus productif. La production fut progressivement arrêtée. Les mines de Steinbach restèrent inexploitées jusqu'à l'annexion allemande de 1870.
Tout au début de la période d'occupation, une dernière tentative de reprise de l'exploitation des mines de galène de Steinbach fut encore engagée vers 1875. Elle devait se poursuivre jusqu'en 1908.
Une loi minière allemande fut promulguée en 1873, qui abrogeait le Code des mines français de 1810. Elle fut nettement plus favorable, étant plus récente, aux investisseurs et attirait des capitaux allemands, anglais, mais également locaux. Environ 150 anciennes mines de l'arrondissement de Thann, à l'extrême sud du département du Haut-Rhin et alors "Reichsland" (province de l'Empire), firent l'objet de réouvertures ou de nouvelles recherches, avec un grand renfort de capitaux, sans toutefois connaître de réelles découvertes. Les anciens mineurs avaient apparemment bien purgé les filons, comme le démontre l'anecdote qui suit.
Une société à capitaux allemands entreprit des travaux sur la plupart des filons sulfurés de Steinbach. Ceux-ci se poursuivirent jusqu'en 1902, afin d'accéder aux parties les plus profondes des filons dans le secteur de la mine St Nicolas, par le fonçage d'un puits de 65 mètres. L'un des travers-bancs perça des exploitations anciennes, ce qui provoqua l'inondation complète des travaux. Les ingénieurs avaient, en effet, sous-estimé la capacité des mineurs des 17ème et 18ème siècles, pensant qu'ils ne pouvaient atteindre de telles profondeurs, sans installation de pompage. Or, un tel équipement existait bel et bien et restait conservé depuis, dans les eaux dormantes des galeries inondées après épuisement des filons et l'arrêt de l'exploitation qui s'en suivit. L'installation a pu être dégagée pour sa plus grande partie par la société concessionnaire, récupérée et..........emportée en Allemagne où elle serait déposée dans un musée des mines de la Ruhr.
La décision d'arrêt définitif, prise par la Société Gewerkschaft Brigitta en novembre 1902 correspondait à la découverte et aux premiers travaux de fonçage des puits d'un gisement bien plus important, celui des évaporites des dépôts de sylvinite et autres sels de potasse, à une dizaine de kilomètres plus à l'est, dans la plaine, entre Cernay et Mulhouse.
Ironie du sort et fin du rêve des mineurs de Haute Alsace, les mines de potasse arrêteront leur production définitivement après avoir employé jusqu'à 13.000 personnes dans les années 1960, juste un siècle après les modestes mines du Silberthal de Steinbach, qui elles, comptaient à peine une cinquantaine de mineurs à la fin du 19ème siècle.

La résurrection de la mine Saint Nicolas de Steinbach
Les derniers mineurs du Silberthal ont été réembauchés vers 1904, pour le fonçage des puits du bassin des mines de potasse, situées à quelques kilomètres de Steinbach. Ils abandonnaient ainsi les galeries de la mine St Nicolas à l'obscurité et aux activités des "trolls", des "lutins" et autres petits "gnomes" du monde souterrain. Les entrées des galeries se sont progressivement effondrées. Mais les haldes et les déblais ont continué de procurer pendant longtemps encore du rêve à plusieurs générations de gamins, qui venaient chercher les pépites "d'argent" de Steinbach et qui plus tard, une fois adolescents, se glissaient le long d'une grosse corde dans les derniers puits d'aération des mines, pour satisfaire leur curiosité et leur passion naissante de la minéralogie.
Ainsi sombrait dans l'oubli la mine St Nicolas, comme toutes celles du Silberthal, jusqu'au jour ou une équipe de minéralogistes-paléontologues de l'Association du Comité d'Entreprise des Mines Domaniales de Potasse d'Alsace, a décidé de s'investir dans le projet de réouverture de ce réseau de galeries abandonnées.
L'aventure, car il s'agit effectivement d'une aventure si on observe le projet avec le recul du temps et le travail réalisé par cette vingtaine de bénévoles seulement, est exemplaire à plus d'un titre.
Il s'agit d'abord de l'aventure d'une bande de copains, liés par la même passion, la recherche de minéraux et de fossiles. Une autre motivation, non moins passionnelle, ne fut pas moins dépourvue de sens. En effet, les amateurs minéralogistes-paléontologues des Vosges, du Jura et d'Alsace, font depuis longtemps l'objet de harcèlements et d'attaques en règle de la part d'un milieu pseudo-protecteur de la nature. Il fallait réagir intelligemment et démontrer que les amateurs de minéraux et fossiles ne sont pas les "méchants dévastateurs" comme on voudrait le faire croire. L'injustice donc, d'être montré du doigt et de ne plus pouvoir donner libre cours à sa passion, dans son propre pays et dans son village. Se trouver obligé d'aller gratter le cailloux dans d'autres régions, voire au Maroc, en Espagne ou ailleurs, là ou existent encore des espaces de liberté dans ce domaine.
L'aventure enfin, pour démontrer et relever le défi, presque affectif, de faire revivre ce passé minier et l'attachement à l'histoire de son pays, à son patrimoine.
Mines de STEINBACH en Haute Alsace (Vosges)

Mines de STEINBACH en Haute Alsace (Vosges)

Mines de STEINBACH en Haute Alsace (Vosges)

Mines de STEINBACH en Haute Alsace (Vosges)

Mines de STEINBACH en Haute Alsace (Vosges)

Mines de STEINBACH en Haute Alsace (Vosges)

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Dernière Mise à jour : 29 Décembre 2001
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