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Liste des sujets abordés dans cette rubrique
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| Dossiers - Espèces minérales nouvelles françaises depuis la création de la commission "Nouveaux minéraux" (C.N.M.M.N.) de
l'Association Internationale de Minéralogie (I.M.A.) :
quarante ans de découvertes. |
| par Yves MOELO |
E-mail : yves.moelo@cnrs-imn.fr (CNRS, Laboratoire de chimie des solides, Institut des matériaux J. Rouxel, Nantes)
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Le tableau 3 donne également les espèces nouvelles de chaque localité type, ce qui permet d'établir le tableau 4, présentant le "hit-parade" des gisements en fonction du nombre d'espèces nouvelles qu'ils ont fournies : on voit que les gisements de Cap Garonne (13 espèces) et du district de Sainte-Marie-aux-Mines (8 espèces) arrivent largement en tête. On voit d'autre part que les gisements ayant fourni plusieurs espèces se spécialisent dans un type de composé chimique, traduisant l'originalité géochimique de chacun d'eux (Cap Garonne montrant cependant un large éventail de minéraux supergènes).
Ces tableaux appellent quelques remarques et précisions. Tout d'abord, la localité type peut être décrite de manière plus ou moins précise : il peut s'agir d'une aire géographique relativement large (vallée, bassin sédimentaire, district minier), d'une mine particulière d'un district, voire d'un endroit très précis de dimension métrique (ex. : portion déterminée d'une galerie de mine). Pour ces tableaux, nous avons choisi de ne pas entrer dans les détails pour des gisements ou districts qui sur le plan géologique doivent être considérés comme des ensembles cohérents (district de Sainte-Marie-aux-Mines, gisement de Cap Garonne). D'ailleurs il y a souvent une perte d'information entre le moment où a été recueilli un échantillon, et celui où l'on acquiert la conviction de la présence d'une espèce nouvelle dans cet échantillon. Il faut alors mener une enquête à rebours pour localiser précisément le lieu d'échantillonnage, enquête qui n'aboutit pas toujours. Mais, quand elle aboutit, on peut espérer trouver d'autres matériels pour la caractérisation de l'espèce, ou fournir des échantillons de référence à d'autres laboratoires, ainsi qu'à des musées (sauf quand entre-temps tout a été passé au concasseur !). Pour rester optimiste, l'idéal est de pouvoir fournir in fine non pas seulement un nom de localité, mais des coordonnées géographiques tirées de la carte I.G.N.
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| Tableau 4 - "Hit-parade" des localités types en fonction de leur richesse en espèces nouvelles |
| Gisement / District | | Nbr. esp. nouv. / classe |
| Cap Garonne |
11 |
arséniates (4), sulfates (2),halogéno-sulfures (3),urano-molybdate (1),antimoniate-sulfate (1) |
| Sainte-Marie-aux-Mines |
9 |
arséniates |
| Bassin de Lodève |
5 |
uranifères |
| Roua |
5 |
arséniates, nitrate |
| Jas-Roux |
4 |
sulfures et sulfosels |
| Chaméane |
3 |
séléniures |
| Margnac |
3 |
uranifères |
| Argut / Carboire |
2 |
germanates |
| Individuels (18) |
1 |
variés |
| TOTAL |
60 |
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D'autre part, il n'est pas rare que l'article de définition d'une nouvelle espèce décrive simultanément deux gisements (ou plus) ayant fourni cette espèce. On pourrait alors parler de "co-localités types". Mais ces "co-localités types" n'ont pas toujours le même poids, en ce sens que l'une de ces "co-localités" peut avoir fourni des échantillons ayant permis à la fois une analyse chimique et une caractérisation cristallo-graphique, tandis que les autres n'auront fourni que des données incomplètes (ex. : analyse à la microsonde électronique), qui à elles seules n'auraient pas été suffisantes pour définir l'espèce nouvelle. Dans ce cas, une lecture attentive de l'article permet de voir quelle localité type doit être considérée en priorité, s'il s'avère qu'une étude ultérieure nécessite de réexaminer un échantillon-type. Dans les tableaux 2 et 3, dans le cas de "co-localités types", nous n'avons cité que la localité type française la plus représentative (qui n'est pas forcément la meilleure référence), lorsqu'il y avait également une (ou plusieurs) co-localité(s) étrangère(s).
A titre d'exemple, on peut citer la hocartite. L'article de définition (Caye et al., 1968) cite plusieurs gisements types, dont le gisement français de Fournial (Cantal), où cette espèce avait été décrite, mais non complètement caractérisée, deux ans auparavant. Mais il apparaît que c'est le gisement de Tacama, en Bolivie, qui a fourni à la fois une caractérisation chimique (analyse à la microsonde électronique) et une caractérisation cristallographique (diagramme de poudre aux rayons X), tandis que le gisement de Fournial n'a fait l'objet que de mesures de réflectance. L'échantillon type de Tacama a donc beaucoup plus de valeur scientifique que celui de Fournial (ou des autres gisements de Chocaya et Colquechaca (Bolivie) également décrits), s'il s'avérait un jour nécessaire de réexaminer les critères de définition de la hocartite, pour la différencier de nouveaux composés éventuels qui en seraient très proches.
Il est arrivé fréquemment que des espèces anciennes soient discréditées. Il est arrivé beaucoup plus rarement que ce soit le cas d'espèces homologuées par l'I.M.A. (personne n'est infaillible !). Dans certains cas, l'issue est restée longtemps incertaine. Il en est ainsi de la montdorite, une nouvelle espèce de mica (Robert & Maury, 1979), qui a été considérée comme douteuse, voire discréditée, mais qui a été finalement confirmée dans le cadre d'un réexamen général de la nomenclature des micas. Il y a "pire" ! Ainsi en est-il de la meymacite, définie par A. Carnot (à qui a été dédiée la carnotite) en 1874, espèce douteuse qui a pu être réexaminée et redéfinie, et donc certifiée, quatre-vingt-dix ans après (Pierrot & van Tassel, 1965), grâce à la conservation de l'échantillon type à la collection de l'école des mines de Paris. Ou bien de la dervillite, définie par R. Weil en 1941 avec des données chimiques essentiellement qualitatives (et partiellement fausses - la guerre était passée par là), et redéfinie en 1983 par Bari et al. grâce au réexamen d'un échantillon type conservé au Muséum national d'histoire naturelle.
La meilleure connaissance de la cristallochimie d'une espèce, grâce notamment à la résolution de sa structure cristalline, peut conduire à réexaminer des échantillons anciens de cette espèce présentant une chimie particulière. C'est ce qui a conduit Fontan et al. (1982) à réexaminer des échantillons de dufrénite en provenance de Rochefort-en-Terre (Morbihan), décrits par A. Lacroix, et conservés aussi bien au Muséum qu'à l'Ecole des mines. Ce réexamen a montré qu'il s'agissait d'un dérivé sodique de la dufrénite, ayant valeur d'espèce minérale spécifique, la natrodufrénite. De manière un peu similaire, la magnésiocarpholite a été décrite par Goffé et al. en 1973 comme une "variété magnésienne de ferrocarpholite", avec un diagramme de poudre aux rayons X très succinct, sans indication des paramètres cristallins. Ce n'est qu'en 1980 que sont déterminés ces paramètres, avec usage du nom de magnésiocarpholite, et indication des lieux d'échantillonnage pouvant servir de référence pour les localités types (aiguilles de Chanrossa et de la Portera, près de Pralognan-la-Vanoise). |
| Tableau 5 - Espèces nouvelles françaises : répartition par classes chimiques |
| Classe |
Famille |
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Total |
| II Chalcogénures et apparentés |
Sulfures Sulfosels (plus 1 séléniosel) Séléniures Halogéno-sulfures |
6 5 2 3 |
16 |
| IV Oxydes |
Oxyde Oxyde hydraté |
1 1 |
2 |
| VI Sulfates... |
Sulfates s.s. Silico-sulfate Sulfate-carbonate |
3 1 1 |
5 |
| VII Phosphates et apparentés |
Phosphates Arséniates Antimoniate complexe Vanadate Nitrate |
2 17 1 1 1 |
22 |
| "Uranifères" l.s.(*) |
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9 |
9 |
| VIII Silicates... |
Silicates l.s Germanate |
5 1 |
6 |
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Total Général |
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60 |
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(*) "uranifères" l. s. : regroupement chimique de composés apparentés à plusieurs classes |
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| .../... |
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Dernière Mise à jour : 27 Avril 2003 La collection de minéraux - Identification minéraux |
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