 |
Une exposition exceptionnelle "météorite" à Paris : METEORITES DE FRANCE ET D'AILLEURS (Université Curie-Paris VI-Jussieu) |
|
| Exposition temporaire sur les météorites à l'Université Pierre et Marie Curie (Paris VI-Jussieu) |
TOMBEES DU CIEL
METEORITES DE FRANCE ET D'AILLEURS
EXPOSITION DE LA COLLECTION ALAIN CARION
Exposition prolongée jusque fin mai 2005 !!!
Sous l'égide de l'Université PIERRE ET MARIE CURIE (Paris VI)
COLLECTION DE MINERAUX DE JUSSIEU
Laboratoire de Minéralogie-Cristallographie, associé au CNRS
Case 73
4 place Jussieu, 75252 Paris cedex 05
tel : 01 44 27 52 88, courriel : boulliar@lmcp.jussieu.fr
PLUIE DE MÉTÉORITES SUR PARIS
Plus de 120 météorites, 40 tectites, des brèches d'impactes et des verres lybiques issus de la collection Carion, l'une des plus importantes au monde, ont trouvé un nouveau point de chute au sein de la collection de minéraux de Jussieu à l'occasion d'une exposition temporaire (du 3 novembre 2004 au 28 février 2005) qui présente un vaste panorama sur les météorites et l'impactisme. Leur importance dans l'histoire de la terre et celle de l'humanité, leur enjeux et interrogations dans les recherches scientifiques sont illustrés par de nombreux documents et des explications détaillées.
Cette exposition met en relief l'incroyable engouement de la recherche pour ces objets depuis deux décennies. Alain Carion, docteur en physique de l'université Pierre et Marie Curie, y a joué un rôle de précurseur et d'animateur. Il a aussi réussi à constituer une collection où toutes les météorites d'importance sont représentées. Cet engouement reste cependant un peu ignoré du public car les expositions permanentes ou temporaires sur le sujet sont trop rares. La dernière en date, d'envergure, à Paris, a eu lieu en 1996 au Jardin des Plantes.
METEORITES, CHUTES ET IMPACTISME
Texte d'Alain Carion
LES MÉTÉORITES TÉMOINS DE L'HISTOIRE DU SYSTÈME SOLAIRE
Il y a 4,56 milliards d'années, au sein de notre galaxie, la Voie Lactée, une nébuleuse se condense sous la forme d'un disque en rotation autour d'une étoile naissante, le Soleil. Ce disque est constitué de gaz et de particules solides, appelées grains présolaires.
Ces particules de matière primitive s'agglomèrent rapidement par accrétion. Elles vont donner naissance à des éléments de plus en plus gros, jusqu'à former l'ensemble des corps de notre Système Solaire : planètes, satellites, comètes, astéroïdes et… autres poussières.
Dans certaines météorites, comme celle d'Allende, tombée au Mexique en février 1969, des structures ont été observées qui témoignent de différents stades précoces dans la formation du Système Solaire : les chondres, directement issus du disque protosolaire ; des inclusions réfractaires, un peu plus primitives encore ; enfin, de microscopiques minéraux - nanodiamants par exemple - qui semblent issus d'une génération précédente d'étoiles.
Dans les corps suffisamment massifs, les éléments chimiques constitutifs se séparent en fonction de leur densité. Les éléments métalliques, plus lourds, migrent vers le centre et forment un noyau. Les matériaux silicatés, plus légers, s'accumulent en surface pour constituer une enveloppe externe. Ce phénomène est appelé différenciation. Tant que la température interne reste suffisante, un volcanisme s'exprime en surface et participe à la formation d'une croûte. Selon qu'elles proviennent du cœur ou de la surface de l'astéroïde, les météorites issues de ces " corps parents " différenciés présenteront donc des compositions très diverses.
S'appuyant sur la loi empirique dite de Titius-Bode, les astronomes ont longtemps cherché une planète entre Mars et Jupiter. En 1801, le Père Giuseppe Piazzi crut l'avoir trouvée. En réalité, il découvrait le premier astéroïde, Cérès, de 933 km de diamètre. Depuis, plus de 30 000 autres corps de tailles variables ont été découverts, sur les centaines de milliers formant la Ceinture principale d'astéroïdes. Ces corps ne sont probablement pas les restes d'une ancienne planète, mais plutôt des résidus de matière qui n'ont pu s'agréger entre eux, à cause de perturbations gravitationnelles générées par Jupiter. Dans la Ceinture principale, les astéroïdes, tels des boules de billard, s'entrechoquent et peuvent être déviés de leur orbite initiale. Les astronomes y ont également remarqué des secteurs quasiment dépourvus d'objets : les lacunes de Kirkwood. Ces " zones interdites " sont dues à un phénomène de résonance gravitationnelle créé par la proximité de la géante Jupiter. Les astéroïdes qui s'y aventurent en sont éjectés. C'est de cette manière que des objets peuvent quitter leur région d'origine et se positionner sur des orbites qui les rapprochent de la Terre, devenant ainsi des NEAs (Near Earth Asteroids), voire des géocroiseurs. La plupart des météorites tombées sur Terre sont issues de cette ceinture.
Plusieurs questions restent en suspens, concernant des corps planétaires de notre Système Solaire. Pourquoi les axes de rotation de la Terre et d'Uranus sont-ils inclinés ? Comment la Lune s'est-elle formée et placée en orbite autour de la Terre ? Pourquoi Vénus ne tourne-t-elle pas dans le même sens que les autres planètes ? Pourquoi la densité de la petite Mercure est-elle aussi importante ? Toutes ces particularités pourraient n'avoir qu'une même grande cause : d'anciennes collisions majeures entre planétoïdes.
TOMBEES DU CIEL
L'homme a peur que le ciel lui tombe sur la tête ! Et pour cause : plus de 160 traces de grands impacts météoritiques sont actuellement recensées à la surface de la Terre. Au demeurant, aucune planète n'a échappé aux collisions (on parle d'impactisme). En juillet 1994, à la grande fascination de tous, eut lieu un événement jamais observé auparavant : une comète percutant une planète. Une vingtaine de morceaux de la comète Shoemaker-Levy 9, fragmentée deux ans plus tôt, sont entrés en collision avec Jupiter ! Résultat : des cratères gigantesques, des panaches dépassant 3000 km d'altitude, une énergie estimée à 600 fois l'arsenal nucléaire mondial… Un scénario apocalyptique qui dépasse l'imagination humaine !
En comparant les surfaces de la Lune et de Mars avec celle de notre planète, on remarque que notre satellite et la planète rouge sont criblés d'impacts météoritiques, alors que de telles empreintes sont beaucoup plus rares sur Terre. La raison principale tient à ce que notre planète est géologiquement active, contrairement aux autres planètes et satellites. L'immense majorité de ses anciens cratères a disparu car sa surface se transforme et se renouvelle en permanence sous l'effet de l'érosion et de la tectonique des plaques.
Des milliers de météorites percutent notre planète chaque année. Lorsqu'elles traversent l'atmosphère, à une vitesse de 12 à 72 km/s, leur surface est portée à plusieurs milliers de degrés, ce qui est à l'origine d'un phénomène lumineux, dit météore. Certaines chutes météoritiques sont accompagnées par un phénomène sonore proche d'un grondement de tonnerre. Arrivée au sol, la météorite, encore fumante, présente une croûte de fusion vitrifiée et sculptée par de petites dépressions créées par le frottement de l'air. Pourtant, quelques minutes après sa chute, elle peut se couvrir de glace, car la température en son cœur est restée très basse, proche de - 270 °C!
Face aux météorites, l'atmosphère est le seul bouclier. Les objets de faible masse et de petite taille se consument pour donner naissance à un bref météore (une étoile filante). Les météorites plus conséquentes (10 à 50 m de diamètre) explosent dans l'atmosphère, d'autant plus bas qu'elles sont plus grosses. Elles atteignent le sol sous forme de fragments, répartis sur une zone appelée ellipse de chute, voire à l'état de poussières. Les corps plus volumineux, pierreux ou métalliques, parviennent jusqu'au sol. Très peu ralentis, ils s'y écrasent à une vitesse vertigineuse. L'énergie du choc est telle que le corps impacteur est totalement volatilisé.
L'essentiel de la matière extraterrestre que reçoit notre planète, plus de 200 tonnes par jour, est constitué de fines poussières. D'une taille inférieure à 0,5 millimètre, ces micrométéorites sont si petites qu'on ne peut les repérer et les collecter que dans les glaces polaires. Une partie d'entre elles pourrait provenir des confins du Système Solaire. En entrant dans l'atmosphère, ces poussières se désintègrent en laissant une traînée lumineuse qui, selon la croyance populaire, porte bonheur à ceux qui la voient. On pense que ces micrométéorites pourraient être à l'origine de l'atmosphère, de l'eau et de la vie sur notre planète !
La France n'a pas été épargnée par la chute de grosses météorites ; l'une d'elles a laissé des cicatrices en Limousin. Arrivée au sol à 20 km/s, la météorite impliquée dans cet impact s'est entièrement volatilisée. La structure de Rochechouart est un cratère d'impact de 22 km de diamètre. L'érosion ayant pratiquement effacé le cratère initial, seules certaines roches remaniées, des brèches, portent encore aujourd'hui la signature de l'évènement. Rochechouart pourrait aussi faire partie d'un ensemble de cratères en chapelet - on parle de caténa - résultant de la chute d'un astéroïde fragmenté, il y a environ 200 millions d'années.
Il arrive régulièrement que des comètes croisent l'orbite de la Terre, suivies de leur chevelure de poussières et de gaz. Dans sa course céleste, la Terre traverse annuellement les restes flottant de ces traînes cométaires. Semblant griffer le ciel, ces poussières traversent l'atmosphère en une pluie de météores qui n'atteindront jamais le sol. Lors des Perséides du mois d'août ou des Léonides du mois de novembre, les hommes, les yeux brillants vers le ciel, admirent ces feux d'artifices célestes qu'ils appellent pluies " d'étoiles filantes ".
PLUS DE 99% DES ESPÈCES AYANT VÉCU SUR TERRE N'EXISTENT PLUS!
Dans les derniers 600 millions d'années (600 Ma), cinq extinctions majeures ont été repérées, au cours desquelles de nombreuses espèces vivantes ont disparu. Le record est de 90 % de disparition il y a 250 Ma. Certains donnent à ces bouleversements une origine cosmique. Si tel semble le cas pour la crise K/T, des indices d'impact n'ont été retrouvés que pour les deux plus récentes des quatre autres extinctions, il y a 250 puis 200 Ma.
Parallèlement, des concordances apparaissent entre crises volcaniques et crises biologiques. Le doute subsiste. Toutes ces corrélations pourraient aussi ne relever que de coïncidences temporelles. Depuis quelque 250 MA, des crises biologiques semblent se produire environ tous les 30 Ma. Or, le Soleil se déplace dans notre galaxie, la Voie Lactée. Suivant une périodicité similaire, il traverse le plan médian de la galaxie, la partie la plus dense en matière. Les objets périphériques du Système Solaire, comme les comètes, peuvent être déstabilisés. Certains, " déroutés " vers le Soleil, viendraient à percuter les planètes, dont la Terre.
Malgré tout, ceci relève encore du domaine de l'hypothèse. Il n'en reste pas moins que l'évolution biologique terrestre a pu être influencée par des phénomènes d'origine cosmique : le caractère imprévisible du développement de la vie semble bien en témoigner.
Il y a environ 100 millions d'années, au Crétacé, la vie est florissante sur Terre et colonise tous les milieux naturels : terre, mer et air. Ce foisonnement de vie prend fin, il y a 65 Ma, lorsque les trois-quarts des espèces vivantes disparaissent brutalement. Cette apocalypse, qui marque la transition entre l'ère Secondaire et l'ère Tertiaire, constitue l'une des grandes coupures de l'histoire de la vie sur Terre : c'est la limite K/T.
Cette catastrophe à échelle planétaire touche tous les milieux naturels, de l'Amérique du Nord à la Nouvelle-Zélande en passant par l'Extrême-Orient… Sur les continents, les plus gros animaux disparaissent, tout comme l'essentiel de la végétation. Dans les océans, 80 % des espèces constituant le plancton sont décimées. Si les victimes les plus connues sont les dinosaures, d'autres grands reptiles et des invertébrés (ammonites) sont aussi parmi les nombreux disparus.
Néanmoins, certains organismes survécurent et se développèrent pour venir combler des niches écologiques libérées par la catastrophe. Ce fut le cas des mammifères. Déjà présents à l'ère Secondaire, ils se sont multipliés au Tertiaire pour finalement aboutir à l'Homme, il y a quelques millions d'années.
À la même époque, une météorite d'environ 10 km percute la Terre en formant un cratère de 200 km de diamètre (en bordure du Mexique actuel). Plusieurs indices trouvés dans les sédiments de cette époque témoignent de cet impact : de l'iridium, métal rare sur Terre mais abondant dans les météorites, mais aussi des quartz choqués, des magnétites nickélifères, etc. L'énergie libérée équivaut à 500 millions de bombes de type Hiroshima. Saturation en poussières de l'atmosphère, incendies et autres pluies acides qui s'ensuivent mènent rapidement à un " hiver nucléaire " qui entraîne la disparition brutale de nombreuses espèces. S'il est probable que cet impact fut à l'origine de l'extinction massive de la fin du Crétacé, il semble néanmoins que beaucoup d'espèces étaient déjà affaiblies en raison d'un contexte évolutif fragilisé.
LES MÉTÉORITES ET LA VIE
En 1996, la NASA annonce que la vie a existé sur Mars il y a 3,9 milliards d'années ! Des structures en bâtonnet faisant penser à des bactéries fossiles sont identifiées dans une météorite martienne, ALH 84001. En France, l'étude de nouveaux fragments de la météorite de Tatahouine, tombée en Tunisie 63 ans plus tôt, révèle les mêmes structures, dont l'origine biologique est effectivement démontrée. Or, les fragments collectés lors de la chute, eux, n'en montrent pas. Les chercheurs en concluent que Tatahouine a été l'objet d'une contamination terrestre, ce qui fut probablement aussi le cas pour ALH 84001. Cet épisode aura néanmoins permis d'identifier les plus petites bactéries terrestres connues à ce jour.
Météorite ne rime pas toujours avec catastrophe ! La vie pourrait être apparue sur Terre grâce à elles ; c'est la théorie de la "panspermie", proposée dès 1821. Depuis, on sait que les espaces interstellaires recèlent des composés nécessaires à la vie, dont l'eau, et que certaines météorites contiennent des acides aminés, constituants de base des protéines.
La Terre aurait donc pu être ensemencée par des molécules organiques formées dans des nuages stellaires puis apportées par des météorites. En se modifiant dans la "soupe primitive" terrestre, elles auraient formé un premier maillon de la vie. L'implantation rapide de la vie sur Terre, peut-être en moins de 100 millions d'années, renforce le rôle possible de ces constituants extraterrestres.
"D'une lave en fusion, d'une pâte d'étoile, d'une cellule vivante germée par miracle nous sommes issus, et, peu à peu, nous nous sommes élevés jusqu'à écrire des cantates et à peser des voies lactées. ("Terre des Hommes", Antoine de Saint-Exupéry)
DES MÉTÉORITES ET DES HOMMES
Longtemps, les pierres tombées du ciel ont été confondues avec des fossiles, des outils préhistoriques ou des concrétions minérales. Leur origine extraterrestre n'a été officiellement reconnue que depuis le début du XIXe siècle. Dès cette reconnaissance scientifique, deux grands types de météorites furent identifiés : les météorites pierreuses et les météorites métalliques, aussi appelées "fers". Le fer météoritique fut utilisé très tôt pour fabriquer de nombreux objets domestiques, rituels et parfois même sacrés. Le célèbre tombeau de Toutankhamon contenait lui-même une dague forgée dans ce métal précieux.
La chasse aux météorites constitue une nouvelle "ruée vers l'or", qui n'a pas échappé à certains excès spéculatifs. Exercice tentant mais peu aisé, la recherche de ces pierres tombées du ciel nécessite une réelle connaissance de terrain, des moyens et une bonne dose de persévérance.
Chasseurs et scientifiques cohabitent dans un esprit de besoin réciproque ; les premiers pour les trouver, les seconds pour les authentifier et leur conférer de facto une valeur marchande. Quelques milliers de collectionneurs et l'intérêt scientifique accru accordé aux météorites maintiennent un marché ouvert, où la valeur s'établit avant tout selon leur rareté. Le caractère esthétique de certains échantillons leur confère un intérêt supplémentaire ; ils sont alors travaillés en joaillerie semi-précieuse.
ÉTIQUETTES COMMENTÉES DES PRINCIPAUX OBJETS ET MÉTÉORITES EXPOSÉS
ALLENDE
Tombée dans l'état de Chihuahua au Mexique le 8 février 1969. Il s'agit d'une chondrite carbonée, c'est à dire l'une des météorites les plus primitives. Avant cette chute, nous ne possédions que quelques kilos de ce type. Elle est depuis l'objet d'études tout à fait particulières. En effet, on a montré, entre autres, que les inclusions réfractaires blanches q'elle contient font partie des éléments les plus anciens que nous connaissons dans le système solaire. De plus, la panoplie d'anomalies isotopiques étudiée et les hypothèses que l'on en a déduites ont fait dire à certains scientifiques qu'elle était "la pierre de Rosette de la planétologie". L'échantillon de 5kg exposé est exceptionnel.
LA CHASSE aux METEORITES, coll. HETZEL 1908.
Le livre de Jules Verne raconte l'approche vers la Terre d'un astéroïde de grande taille. L'analyse spectrale révèle qu'il s'agit d'un bloc en or massif. Le monde est alors en ébullition pour savoir à qui va appartenir cette météorite. Un savant génial et fou va dévier sa trajectoire pour la faire tomber dans la mer au nord du Groenland afin de se l'approprier. Cinquante années plus tard Hergé s'est inspiré de ce thème pour son ouvrage " L'Etoile mystérieuse"
Le FER d'origine METEORITIQUE
C'est en fait un mélange de fer et de nickel qui fut employé dès la plus haute antiquité. On a retrouvé des perles de colliers et un glaive de petite dimension faits dans ce matériau dans des tombes égyptiennes des premières dynasties, soit trois mille ans avant J-C. Notons que l'étymologie du mot " fer " est en rapport avec son origine supposée. En sumérien, fer se dit Anbar pour "feu du ciel", en hébreu bar-zil et en assyrien bar-zillu c'est à dire "métal de dieu" ou "métal des cieux".
VALERA
Chondrite L5, tombée le 15 octobre 1972 dans la province de Trujillo au Venezuela. Cette pierre en tombant a tué une vache découverte le lendemain matin par Juan Delgado. Celui-ci déposa devant notaire ses observations.
CAPE-YORK
Sidérite octaédrite classée III AB. Plaque polie avec les figures de Widmanstätten bien visibles ainsi qu'une inclusion de troïlite. En 1819 le navigateur John Ross reçoit de la part des esquimaux des couteaux taillés dans du fer météoritique. Quelques années plus tard un autre navigateur R.E Peary localise les météorites et rapporte trois pierres au musée de New York dont l'une de trente-six tonnes. Cette plaque provient d'un échange avec ce musée.
L'AIGLE
Chondrite L6 tombée le 26 avril 1803 dans l'Orne. Elle représente un tournant historique. C'est l'étude détaillée de cette pluie de météorites et le rapport de J.B Biot qui ont fait qu'après cette chute les scientifiques ont admis enfin que des "pierres pesantes" pouvaient tomber du ciel.
ENSISHEIM
Chondrite amphotérite LL6. Une pierre de 127 kg est tombée en Alsace le 16 novembre 1492. Après de multiples péripéties, il n'en reste plus que 55 kg exposés au musée de la Régence à Ensisheim. C'est la plus ancienne météorite conservée en Europe.
S.N.C. pierre de Mars !
Les plus récentes théories scientifiques tendent à prouver que les météorites faisant partie du groupe S.N.C. (pour les trois chutes de référence Shergotty, Nakla, Chassigny) seraient en fait des fragments de la planète Mars (la météorite D.A.G 670 fait partie de ce groupe).
ORGUEIL , Tarn et Garonne France
Tombée le 14 mai 1864 vers 20h. Cette chondrite carbonée primitive contient des molécules organiques d'origine extraterrestre, y compris des acides aminés, qui sont les constituants de base des protéines, elles mêmes à l'origine de la vie. Cela prouve que des composés organiques ont été produits dans l'espace. De là est née l'hypothèse que la vie aurait pu avoir été "semée" sur la Terre depuis l'espace. Cette hypothèse s'appelle : La Panspermie.
TOUNGOUSKA, Sibérie Russie
Le 30 juin 1908 à 7h17 du matin une énorme explosion se produit en Sibérie. Il s'agit d'une météorite de faible densité qui explose à 10 km d'altitude. Aucune trace de la météorite incidente n'a été retrouvée. Mais les arbres ont gardé la mémoire de l'événement.
(fragment de bois brûlé lors de l'évènement, collecté au lac Ceko 5-7 km de l'épicentre en 1990, univ. De Bologne)
LUNAB 05
Trouvée le 22 avril 2001, c'est une achondrite faisant partie des brèches d'origine lunaire. Il s'agit d'un fragment de notre satellite extrait par la chute d'une énorme météorite, celui ci fut piégé par l'attraction terrestre et tomba dans le désert d'Oman il y a quelques milliers d'années.
NANTAN
Sidérite octaèdrite classée II CD, tombée au XVI° siècle dans la province de Guangxi en Chine, elle a été retrouvée en 1958. Plusieurs dizaines de tonnes ont été extraites. Ici nous présentons une plaque polie avec nodules de troïlite.
ESQUEL
Pallasite trouvée en 1951 dans la province de Chibut en Argentine. Il s'agit de la plus belle des météorites constituée d'une trame de fer et de nickel dans laquelle se détachent des grains d'olivine. En fait cette météorite provient d'un gros astéroïde différencié qui comme la terre avait un noyau en fer. La pallasite provient de l'interface noyau-silicate, là où les silicates des couches profondes flottent dans la matrice de fer.
CAMPO del CIELO
Sidérite octaédrite classée I AB, tombée en 1576 dans la province du Chaco en Argentine. Plusieurs dizaines de tonnes ont été retrouvées.
GIBEON
Sidérite octaédrite classée IV A, trouvée en Namibie en 1836. Pendant plusieurs années, Gibeon était la météorite la plus fréquente sur le marché. Depuis trois ans environ les chercheurs n'en retrouvent que quelques kilos chaque mois. Les météorites ne sont pas des champignons, elles ne repoussent pas chaque saison! Très beau spécimen de 85 kilos, complet, avec rémaglyptes et croûte de fusion.
MONTDIEU, Ardennes France
Ce petit fragment métallique présenté à Alain Carion sur la foire de Ste Marie-aux-mines en 1994 lui permit d'être le premier a reconnaître une nouvelle météorite française : Montdieu, trouvée dans les Ardennes. Ce fragment faisait partie d'un bloc de 35 kilos. A ce jour plus de 450 kg ont été retrouvés.
CHAMBERY le VIEUX
Durant la nuit du 10 au 11 avril 1997, une voiture est frappée par un objet incandescent. Dès le lendemain, les radios parlent de météorite. Le samedi 12 au matin je suis le premier collectionneur sur les lieux. Le propriétaire m'autorise à récolter cette substance atypique. En fait l'analyse dira qu'il s'agissait d'un feu de Bengale. Adieu rare chondrite carbonée.
MURCHISON
Chondrite carbonée de type CM2, tombée le 28 septembre 1969 en Australie. Elle contient plus de 70 acides aminés d'origine extraterrestre dont 8 font partie des 20 qui constituent les protéines que nous connaissons sur Terre.
SIKHOTE-ALIN
Cette sidérite octaédrite classée IIB fait partie d'une chute qui se produisit le 12 février 1947 en Sibérie orientale, Russie, devant des milliers de témoins. Ils assistèrent à une intense traînée lumineuse, un moment plus brillante que le soleil, ainsi qu'à de fortes explosions liées à la fragmentation du bolide, vers 10 km d'altitude. Phénomène peu commun pour les météorites métalliques, la chute donna lieu à une "pluie de fer" de milliers de morceaux. On en récupéra plus de vingt tonnes. Le plus gros fragment (1,7 tonne), ayant creusé un cratère de vingt-six mètres de diamètre, est actuellement exposé au Musée Fersman de Moscou.
MILLBILLILLIE
La météorite de Millbillillie découverte à Wiluna, Australie de l'ouest, est une eucrite, variété d'achondrite. Le spécimen présenté ici est sans doute le plus gros fragment jamais récolté. Si sa chute fut observée en 1960, ses premiers échantillons ne furent retrouvés que dix ans plus tard. On a longtemps apparenté l'origine de cette météorite à l'astéroïde Vesta, troisième plus gros astéroïde observé (510 km), qui est suffisamment massif pour être géologiquement différentié ; sa surface semble être constituée de laves basaltiques.
TAFASSASSET
Trouvée le 14 février 2000. Cette météorite fait partie d'un total de 26 pièces, soit 110 kg, trouvées dans la partie nigérienne du Désert du Ténéré. Elle constitue actuellement une énigme pour les spécialistes : sa structure minéralogique la rend pour le moment difficilement classable. Les Français l'identifient comme une chondrite carbonée très transformée par la chaleur (métamorphisée) ; les Allemands y voient plutôt une achondrite primitive ou brachinite. En fait, c'est le chaînon manquant entre les chondrites et les achondrites. Et peut être plus ! à suivre.
ZAGORA, MAROC
C'est la première météorite découverte dans le sud marocain. Je l'ai authentifié en tant que météorite en 1987. Mon guide à cette époque était Ahmed Amouri (flèche blanche), le même guide qui a vendu une très rare météorite lunaire, NWA 482, au collectionneur américain Mike Farmer, en janvier 2001. L'élève a surpassé son maître.
TATAHOUINE, TUNISIE
Tombée le 27 juin 1931. C'est une achondrite, classée diogénite constituée d'orthopyroxène. Plusieurs pièces ont été ramassées à l'époque par des militaires de la légion étrangère, et envoyées à Paris. J'ai été le premier à redécouvrir le site de l'impact en 1992. Ceci n'a été possible qu'en relisant le rapport original du professeur A. Lacroix, conservateur au Muséum d'Histoire Naturelle de Paris. Ceci est le plus gros fragment que j'ai trouvé sur le site.
ALNIF, MAROC
La seconde météorite retrouvée et identifiée par moi même en 1990 dans le sud marocain. Avec la météorite de Zagora ce sont les deux premières avant beaucoup d'autres.
NAKHLA, EGYPTE
Chute du 28 juin 1911. On suspecte fortement que cette météorite est d'origine martienne : il s'agirait d'un morceau de la croûte basaltique, probablement expulsée de la surface de Mars lors d'un impact météoritique. Nakhla est une des très rares météorites ayant fait une victime : un chien en l'occurrence. Son âge n'est "que" de 1,3 milliard d'années. Elle contient en outre des cristaux de sel attestant la présence d'eau liquide ancienne sur Mars.
CANYON DIABLO
C'est une sidérite octahédrite classée 1A. Des dizaines de tonnes de fragments ont été retrouvées sur le pourtour et à l'intérieur du Meteor Crater au nord de l'Arizona aux Etats-Unis. Le plus gros fragment pèse 750kg : il est resté sur place. La masse principale a été vaporisée lors de l'impact. Un avocat, Daniel M. Barringer, s'est ruiné pour exploiter ce qu'il pensait être un fabuleux gisement de fer et de nickel. La chute date de 49,000 ans environ.
PEEKSKILL
C'est une chondrite H6, tombée le 9 octobre 1992, à 19h 50, dans la banlieue de New York (Etats-Unis). Les membres de la famille Knapp regardaient alors la télévision lorsqu'ils entendirent un bruit violent et constatèrent peu après que leur Malibu rouge, garée devant leur pavillon, avait l'aile arrière défoncée. Ils appelèrent la police croyant que c'était l'œuvre d'un "rambo" ! Le corps du délit fut découvert sous la voiture : une pierre extraterrestre de 12kg.
ABU MOHAREK, EGYPTE
Une très belle météorite, une chondrite H4, brisée en trois fragments et d'un poids total de plus de quatre-vingts kilos découverte par Louis Carion en 1997 sur la dune d'Abu Moharek
LOST CITY
Tombée le 3 janvier 1970 dans l'Oklahoma aux USA ce fut la première météorite américaine retrouvée grâce aux caméras braquées en permanence vers le ciel. La trace ayant été enregistrée durant la nuit à 20h14, les calculs permirent d'envoyer des étudiants la récupérer sur le terrain dés le lendemain et de confirmer son origine : La ceinture des astéroïdes.
ST AUBIN
La troisième et dernière sidérite française, octaédrite anormale, découverte en 1968 et décrite en 2002. La plaque exposée ici possède en son centre un très beau cristal de chromite de grande taille qui en fait une pièce tout à fait exceptionnelle.
Kriss malais du XVIII° siècle
Certains ont été forgés dans du fer d'origine météoritique.
ROCHECHOUART, Limousin France.
Un cratère s'est formé au centre de la France il y a 210 millions d'années. L'érosion a tout effacé. On ne retrouve aucune trace de la météorite incidente qui s 'est vaporisée au moment de l'impact. Mais les roches locales ont gardé le souvenir de l'événement.
Dernièrement le "Jet propulsion laboratory" de Pasadena affirmait que le cratère de Rochechouart était lié à une série d'autres cratères dont le fameux Manicouaga du Canada. Ces cratères formés à la même époque et situés sur deux lignes parallèles pourraient provenir d'évènements communs. Pour les paléontologues, l'âge de ces cratères correspond également à une extinction massive d'animaux, en particulier les fameux tétrapodesCHASSENON, brèche polygénique de retombée de nuage d'explosion. Elle est plus rare que la précédente et se caractérise par des fragments de verre de couleur verte caractéristique.
VERRE LIBYQUE, EGYPTE
Il y a quelques 29 millions d'années, l'impact d'une météorite a transformé le sable du désert verre. Les inclusions brunes et bleutées sont les restes de cette météorite. Il y a prés de 300,000 ans, les hommes préhistoriques ont trouvé ces morceaux de verre et les ont utilisés comme outils.
Présentation d'Alain Carion - Paris.
Passionné par les "cailloux" depuis l'âge de cinq ans, j'ouvre ma première boutique au "marché Biron" aux puces de St Ouen à dix huit ans tout en continuant mes études. J'obtiens en 1970 le titre de Docteur en Sciences en présentant une thèse sur les lasers à l'université de Paris VI.
Après mon service militaire comme scientifique du contingent, je fais alors un choix et me consacre entièrement au commerce de minéraux et de fossiles. En 1972 j'ouvre ma galerie au 92 rue St Louis en l'Ile, au cœur de Paris ou je suis encore actuellement.
Il y a 22 ans environ, j'acquis ma première météorite. Depuis, la passion de ces objets extraterrestres ne m'a plus quitté. Je possède la plus importante collection privée de météorites en France : celle-ci a d'ailleurs été exposée à plusieurs reprises dans des lieux prestigieux : L'université Paris VI Pierre et Marie Curie en 1994, à l'Ecole des Mines de Paris en 1998 et à Vulcania en 2003.
Membre de la "Meteoritical Society", j'ai écrit plusieurs ouvrages sur le sujet, dont le plus important : "Les Météorites et leurs Impacts" est publié chez Masson.
En juin 2000 j'ai été admis dans la confrérie St Georges des gardiens de la météorite d'Ensisheim. Parcourant de nombreux déserts j'ai découvert moi-même certaines de ces roches extraterrestres. Je suis en contact avec des chercheurs du monde entier et au centre d'intéressants développements liés à l'étude des météorites. J'ai été le premier à reconnaître plusieurs météorites trouvées en France.
Avec plusieurs passages dans diverses télévisions françaises et étrangères, de nombreux articles dans les journaux, je viens d'avoir une certaine forme de consécration avec ma caricature dans une bande dessinée belge publiée chez Dupuis.
J'effectue gratuitement des expertises pour savoir si les "cailloux" proposés sont ou non des météorites. Il suffit de me contacter lors d'expositions en province ou dans ma galerie parisienne, sans oublier de mettre les timbres pour la réponse en cas d'envoi de photos ou d'échantillons.
J'ai eu la chance d'être l'un des premiers en France à m'être intéressé aux météorites et à l'impactisme. Je suis celui qui possède la plus importante collection privée de météorites en France. J'ai écrit plusieurs ouvrages dont : "Météorites" publié par moi-même (sixième édition ; français, anglais, allemand), "Les météorites et leurs impacts", publié chez Masson (deuxième édition et quatrième tirage), " L'Ami des Minéraux " publié chez Bordas, "Les météorites en France" publié par les éditions Minéraux et Fossiles.
J'ai toujours eu la chance que les médias s'intéressent à mon activité. L'article le plus ancien est sans doute celui de "Ouest France" le 12 décembre 1988 : Monsieur Météorites. L'article le plus important, celui de "Libération" du 11 août 1993, une page entière sous le titre : Alain Carion, marchand de pierres du ciel ; important car il fut lu par des responsables de l'audiovisuel. Je me suis trouvé quelques jours plus tard sollicité par les trois chaînes de télévision, et mes interviews furent diffusées aux actualités à 20 heures !. Ma première interview en direct fut celle avec Dechavanne à " Coucou c'est nous " le 19 avril 1994. Depuis, j'ai participé à plus d'une dizaine d'émissions dont deux avec Yves Calvi et une avec Michel Chevallet.
Le 26 février 1994, le Figaro Magazine a consacré un "cinq pages" sur Robert Haag et moi-même ayant pour thème : la chasse aux météorites à Tucson dans l'Arizona, Le décor du désert de l'Arizona est si beau que le sujet fut repris par "Point de Vue" le 31 mars 1999, avec d'autres photos. La chaîne Planète a diffusé le film de Jean Afanassieff : Chasseurs de Poussières d'Etoiles, dans lequel l'auteur m'a filmé en février 2000 lors de la foire de Tucson. Avec la chaîne Planète, en mars 1999, j'avais également enregistré une émission pour le magazine Forum ayant pour titre : La météorite venue de Mars, c'etait au tout début de la saga des pierres dites d'origine martienne.
Ma collection a été exposée toute ou en partie dans divers lieux.
En 1992, pour le 500 ème anniversaire de la chute de la météorite d'Ensisheim, elle est exposée dans le Palais de la Régence dans cette ville.
En 1994, elle est exposée dans le Musée de Minéralogie de l'Université Paris VI.
En 1994, quelques pièces sont exposées dans l'exposition : "Le Luxe" d'Andrée Putmann au Pub Renault sur les Champs Elysées.
En 1995, ma collection est exposée au Muséum d'Histoire Naturelle de Neuchâtel en Suisse, pou l'exposition : "Tombé du Ciel".
En 1996 , quelques unes de mes pièces sont exposées lors de l'exposition " Météorites "au Muséum d'Histoire Naturelle de Paris".
En 1998, presque l'intégralité de ma collection est exposée à l'Ecole des Mines de Paris.
En 2001, une belle série est exposée a l'exposition internationale de Bordeaux.
En 2003, ma collection est exposée à Vulcania pour l'exposition temporaire de l'année.
En 2003, une pièce majeure est exposée à l'exposition : "Objets d'Orgueil" au couvent des cordeliers à Paris.
En 2003, Une partie est présentée à Ste Marie aux Mines avec Géopolis dans l'exposition : "Evolution et Impactisme".
|
|