La Gazette des adhérents N°8
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Gazette Géopolis 8
G A Z E T T E n° 8
des ADHERENTS et des SYMPATHISANTS
Editorial
Nous avons vécu un printemps mouvementé avec deux évènements dans les Alpes.
A l'approche de la mise en sécurité des mines de La Gardette par l'administration, le maire de Bourg d'Oisans a lancé sur internet un SOS pour sauvegarder ce site qu'il souhaitait aménager pour le tourisme.
Fin mars, on apprenait à grand renfort médiatique la mise en examen de certains cristalliers ayant employé des explosifs (selon la presse). La presse peu ou très mal informée a écrit des articles à faire pâlir en accusant les ramasseurs de "cailloux" d'être des pirates, mettant ainsi à mal l'image de ceux ci.
Depuis 2001, nous avons suivi le dossier de mise en sécurité du site de la Gardette. Pendant la période de l'étude du projet de mise en sécurité, nous avons rencontré les représentants du BRGM et de la DRIRE Rhône Alpes.
Nous leur avons fait part de notre position, précisant que nous comprenions bien le souci de l'administration, mais qu'il nous paraissait indispensable de rechercher des solutions, compte tenu de l'importance culturelle de ce site sur le plan minéralogique, permettant une réouverture éventuelle des galeries, et donc de retenir des solutions qui ne soient pas irréversibles.
Bien que nous ayons été écarté des négociations finales par les associations locales, les cristalliers, et les autorités, nous avons toujours gardé des contacts.
Le foudroyage des galeries n'est pas envisagé, seules certaines ouvertures le serait sur quelques mètres, les autres doivent être bétonnées de façon à éviter les intrusions intempestives; ce qui ne rendrait pas le processus de fermeture irréversible.
Nous sommes actuellement en contact avec les représentants de l'administration et le maire de Bourg d'Oisans, et nous avons décidé de poursuivre nos contacts vers les politiques.
En mars est venu s'ajouter l'affaire des cristalliers de l'Oisans.
Cette affaire est complexe et a suscitée de nombreuses réactions dans les milieux intéressés. Nous pouvons regretter qu'un certain nombre de faits, ne soient pas en phase avec la réglementation, et les textes de loi en vigueur.
Nous ne pouvons pas cautionner les actions qui sont ''hors la loi'' ; mais nous devons défendre l'atteinte morale faite à l'image de nos activités dont Géopolis est le représentant au titre d'association culturelle et scientifique.
La mise en valeur du patrimoine et la sauvegarde des minéraux par prélèvements ordonnés, organisés, en conformités avec la législation doit passer par la reconnaissance de nos activités.
Nous devons être force de proposition pour combler le vide juridique actuel.
Notre conseil d'administration, lors de sa réunion du 23 avril 2005, a autorisé le président à se porter partie civile dans ''l'affaire des cristalliers''.
Vous trouverez dans cette gazette le communiqué Géopolis transmis à l'AFP, ainsi que nos réflexions sur ces affaires.
Claude BORNERT
Président
Contact : Claude Bornert 11, rue du Petit Rocher - 44230 Saint Sébastien sur Loire - tél : 02 40 34 10 13
Courriel : claude.bornert@wanadoo.fr ou geopolis@wanadoo.fr
Communiqué de presse Géopolis de début mai 2005 disponible sur une page distincte : La Gardette, communiqué de presse
GEOPOLIS, Confédération Française des Acteurs des Sciences de la Terre
se positionne face à cette crise et à l'avenir des activités de ses adhérents
1 - Relativiser
Avant d'étudier les choses, précisons qu'il importe de ne pas se forger d'opinions définitives sur les seules données médiatiques (presse écrite ou audio-visuelle). Il importe de relativiser ces informations, ne prenons pas ces textes au pied de la lettre. Un article de presse n'est pas un rapport de gendarmerie mais bien souvent une version revue et interprétée afin de rendre l'information la plus "attractive" possible pour le lecteur. De ce fait, les traits sont souvent grossis, simplifiés et deviennent caricaturaux.
Ce préambule ne met pas en cause l'honnêteté des journalistes. A leur décharge rappelons la difficulté du métier dans son quotidien. A quelques exceptions près, le journaliste n'est pas spécialiste du sujet qu'il traite, il a souvent pour seule donnée de base une dépêche de l'AFP ou un coup de fil d'informateur. A partir de là il se doit de rédiger son "papier" au plus vite, sous le feu de l'actualité et sous pression de son rédacteur. Il se doit d'être percutant rapide et performant, l'article devant paraître dans les 24 heures. Ceci explique donc en partie cela.
2 - Dédramatiser
Pour prendre une comparaison géologique, l'affaire des cristalliers n'est qu'une crise comparable à ces éruptions qui secouent sporadiquement l'Etna.
Notre volcan s'appelle Sciences de la Terre. A de longues périodes de sommeil succèdent des éruptions, les unes sont violentes et destructrices, d'autres sont plus paisibles. Dans le cas présent, la crise est grave mais pas forcément négative, comme lors des éruptions, les cendres de la crise fertiliseront nos réflexions et nos actions.
3 - Analyser et agir
Tout d'abord éviter de se tromper de cible. S'abstenir à tout prix de rendre la presse, les gendarmes ou les ingénieurs de la DRIRE responsables du déclenchement de cette affaire, ils ne sont que des exécutants ou des courroies de transmission.
Les faits sont les suivants : trois personnes ont été présentées au juge pour usage illégal d'explosifs, infraction au code minier et à la législation du travail.
Les responsables, il ne faut pas se voiler la face, sont des personnes comme vous et moi, passionnées de minéralogie, cela ne fait pas de doute, mais qui, sciemment ou non, (il ne nous appartient pas de juger), on franchi les limites du raisonnable en utilisant les explosifs. On peut discuter éternellement sur les dégâts relatifs à cet usage, sur le préjudice ou non causé à la collectivité, la législation est formelle: l'usage et la détention des explosifs sont réglementés, quiconque enfreint le règlement s'expose à des poursuites judiciaires. Sur ce point, la position est claire et sans ambiguïté, GEOPOLIS ne peut rien faire. Défendre des actions illégales, quelles que soient leur importance, serait discréditer la confédération.
Si GEOPOLIS veut se faire entendre comme une organisation responsable, ses dirigeants, mais aussi ses adhérents, se doivent de ne prendre position que sur des actions qui s'exercent dans un cadre légal. Nous venons de voir ce que nous ne pouvons PAS faire, examinons maintenant ce qu'il est POSSIBLE de faire. L'action doit porter sur ce que l¹on peut appeler les " dommages collatéraux" de cette affaire, ils se traduisent ainsi :
- Dans un premier temps, les conséquences se traduisirent par une mise en cause de six collectionneurs (en plus des trois personnes citées précédemment) dont le seul tort fut de détenir des minéraux de gisements des Alpes achetés sur des bourses minéralogiques ou à des commerçants, et ceci en toute bonne foi (paiement par chèques). D'autres ont récolté eux-mêmes ces minéraux, à la Gardette et ailleurs mais avec des moyens plus légers et plus conventionnels d'usage admis pour cette activité. Ces personnes ne sont pas mises en examen mais leurs collections furent saisies et n'ont toujours pas été restituées à ce jour.
- Dans un second temps par la mise en question, à travers les médias, de la collecte et de la vente des minéraux, donnant au grand public une mauvaise image de notre activité.
C'est sur ces deux points et leurs conséquences induites que doivent porter les actions de GEOPOLIS qui se traduiront ainsi, dans l'immédiat :
- par une communication active avec les médias afin que tous soient mieux informés des réalités du milieu minéralogique (communiqué de presse diffusé à l'AFP, aux médias écrits et audio-visuels ainsi qu'à des journalistes spécialisés), mais aussi du grand public, spécialisé ou non. C'est aussi le but de cette édition spéciale de la Gazette de GEOPOLIS.
- par la mise en relation possible pour informations et conseils avec divers spécialistes : géologues, minéralogistes, historiens, conservateurs de musées, mais aussi des commerçants et des collecteurs de minéraux et fossiles. Leur mission sera d¹apporter tous les éléments permettant aux médias, aux institutions, aux collectivités mais aussi aux enquêteurs et à la justice de se faire l'idée la plus exacte possible du milieu des Sciences de la Terre.
À plus long terme :
- par une première réflexion sur la possibilité d'obtenir une légalisation du statut de collecteur d'objets géologiques (roches, fossiles, minéraux). A défaut de changer les lois, faire admettre officiellement, un règlement par les autorités en vue de légaliser cette activité.
Pour cela il nous faut en priorité déterminer avec précision les lieux où cette activité se pratique et les moyens matériels dont nous pouvons disposer pour l¹exercer.
La deuxième réflexion doit porter sur la légitimité du commerce des minéraux récoltés dans des conditions mal définies. Si les cristalliers sont hors la loi, doit-on interdire la vente des minéraux extraits de ces gisements ? Est-il légal de posséder des minéraux extraits de ces sites il y a 20 ou 30 ans ? Comment être certain que les échantillons vendus par les commerçants et par les vendeurs occasionnels (collectionneurs ou non) ont été récoltés dans des conditions légales ?
Des réponses apportées à ces questions découlera une réflexion plus large sur l'organisation des bourses minéralogiques.
Prise de conscience collective obligatoire GEOPOLIS a le devoir de responsabiliser et de faire prendre conscience à ses adhérents et à TOUS les acteurs des Sciences de la Terre que la sauvegarde de notre activité passe obligatoirement par un respect des lois et des personnes, que l'on soit d'accord ou non avec ces lois. De ce respect dépendra notre crédibilité. Pendant des années la collecte d'échantillons s'est déroulée sans souci majeur. Des centaines de milliers de personnes l'ont pratiquée au grand jour. Pour deux ou trois personnes qui franchissent les limites, toute cette sérénité est remise en question. Ce serait tomber dans l'erreur d¹imaginer que cette affaire ne concerne que les minéralogistes, et encore, comme certains le pensent une petite frange de minéralogistes : les cristalliers. Ce serait avoir une vision bien étroite et à court terme. Nous sommes, vous êtes TOUS concernés: commerçants, amateurs, collectionneurs vendeurs ou non, collectionneurs de très haut niveau, collectionneurs moyens et micromonteurs, les paléontologues et amateurs de roches aussi. Le processus est enclenché. Les exemples de sites fermés sont multiples. Les uns sont interdits pour des raisons tout à fait valables de protection d'un patrimoine rare ou essentiel pour les sciences (en paléontologie particulièrement), pour la pédagogie ou l'histoire (protection de certains sites archéologiques miniers). Dans d'autre cas, ces protections sont les purs fruits d¹une opposition idéologique (opposition systématique aux collectionneurs, aux minéralogistes amateurs et plus encore au commerce des objets géologiques). Depuis peu, la troisième raison d'interdiction est une raison sécuritaire exacerbée (mise en sécurité des anciens travaux miniers). Cette dernière raison est emblématique de ce début de siècle : la culture du " risque zéro " qui s'impose dans tous les domaines de la vie quotidienne.
Le risque est grand de voir ces trois raisons fusionner et aboutir à l'interdiction pure et simple de la collecte des objets géologiques. Cette fusion sera favorisée par les notions de propriété de l¹objet, par des raisons fiscales et par la raison la plus honorable qui soit : le respect de l¹environnement.
C'est l'avenir du droit de se promener avec un marteau à la main qui est en jeu. Perdre son temps à distinguer les personnes concernées ou non serait scier la branche sur laquelle nous sommes assis. Ce serait perdre un temps précieux en querelles intestines tandis que nos détracteurs, eux parc contre, tous unis, progressent dans leurs actions.
C'est aussi le rôle de GEOPOLIS de faire prendre conscience à tous que la situation se dégrade chaque jour un peu plus.
Mai 2005 - Le comité de rédaction
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