La géologie, les fossiles et les minéraux
Soutien au Musée minéralogique de Trepca (Kosovo)


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Le comité de soutien bénévole se félicite de plusieurs événements enfin encourageants après les années terribles de la guerre du Kosovo.

D'abord, l'appel lancé par le comité dans son rapport a été mis en ligne sur Internet, par GEOPOLIS, par Spathfluor.com puis par Eurominéral-Ste Marie aux Mines. Il a été repris par le magazine Le Règne Minéral (n° 66 de novembre-décembre 2005) puis a été relayé par de nombreux médias, en France comme à l'étranger. Après le site Internet du Kosovo Trepca.net qui a carrément mis le rapport du comité en ligne (et même, plusieurs mois durant, en haut de sa page d'accueil juste sous sa bannière), plusieurs magazines spécialisés ont repris le témoin : Minéraux et Fossiles (n° 353 de septembre 2006), puis Géochronique co-édité par la Sté Géologique de France et le BRGM (n° 99 de septembre 2006), puis Christian Weise Verlag dans son Lapis de décembre 2006. La Rivista Mineralogica Italiana a également demandé au comité des photos de cristaux pour servir de support à un article en 2007. Un long article sur Trepca et les urgences du musée est en cours d'édition au Mineralogical Record. Les lecteurs de ces magazines, en France comme à l'étranger, jouent un rôle important en relayant et en amplifiant la communication autour des besoins du musée. Le bouche à oreille a beaucoup compté aussi, pour propager la bonne nouvelle que, contrairement aux rumeurs, la mythique mine de " Trepca " n'est pas morte mais qu'il faut justement l'aider à sauver son musée qui n'a miraculeusement pas été (encore) dilapidé.

Que tous soient ici remerciés. Cet appel demeure cependant aussi valable et urgent car, sur place, la situation reste encore très difficile.

Une première exposition de sensibilisation, présentant les merveilles minéralogiques et le redressement courageux de la mine de Trepca, avait été organisée à l'occasion de l'expo Euro-Minéral Sainte-Marie aux Mines de juin 2006. La revue Le Règne Minéral (n° 70 de juillet-août 2006, p. 46-48) et Géochronique (op. cité) en ont rendu compte en détail.

Du 3 au 5 novembre 2006, une seconde exposition a été organisée à l'occasion des Journées minéralogiques internationales de Munich qui ont rassemblé 900 exposants et 40 000 visiteurs. Au nom d'Eurominéral Concept (qui organise l'exposition de Ste-Marie aux Mines) et de Geopolis, Michel Schwab avait obtenu des organisateurs la fourniture à titre gracieux d'un stand de 20 m2 très bien placé, décoré de deux grandes vitrines éclairées (pour présenter des cristaux). L'exposition préparée conjointement par lui et les autres " enragés " du Comité de Soutien et mise en scène par Hacène Bouafia de Grafik Expo, était bien mise en valeur sur six magnifiques posters (traduits en allemand grâce à Euromineral Concept). Pour tenir le stand, la direction du Groupe Trepca avait délégué Gani Maliqi, chef géologue, et Halil Qéla, chef du service des sondages, et le Service Ressources Minérales du BRGM avait missionné Jean Féraud (qui ne demandait pas mieux). Celui-ci avait apporté sa collection personnelle de grosses pièces très esthétiques du gisement pour mieux attirer les grands connaisseurs de cristaux de Trepca que sont les Allemands et leurs voisins Autrichiens, Suisses et Italiens. Les photos de Werner Lieber, Pierre-Christian Guiollard, Benjamin Larderet et Joel Balazuc faisaient le reste. Scientifiques et amateurs sont venus nombreux et on leur répondait dans toutes les langues. Une collecte sur le stand a permis d'acheter, avec le soutien généreux du fabricant Dr. F. Krantz Rheinisches Mineralien-Kontor GmbH. & Co. KG, un bac à ultrasons de très grand format pour le nettoyage des cristaux qui va être livré au musée de Trepca.

L'exposition a été ensuite sollicitée par l'Association allemande des Amis de la Minéralogie et de la Géologie (VFMG) pour les Journées des Minéraux de Dortmund (Westphalie) du 10 au 11 novembre.

Ces expositions rendent aux minéraux de Trepca leurs lettres de noblesse et c'est justice. À Munich, le public s'agglutinait devant les vitrines tout à fait à contre-courant de la tendance actuelle des collections minéralogiques où le noir et le blanc des paragenèses à sulfures seraient des couleurs mal aimées. La charge historique et émotionnelle dont le " mythe Trepca " jouit auprès des amateurs en Allemagne et en Autriche est sans doute un des facteurs de ce revirement d'opinion.

Des informations sont parvenues du Kosovo, selon lesquelles le transfert du musée sous la tutelle protectrice du ministère de la Culture du pays est toujours en bonne voie. Membre toujours très actif du comité, Skender Plakolli a multiplié les contacts sur place, notamment auprès de Bektesh Vidishiqi, (responsable des affaires culturelles de la municipalité de Mitrovice) qui est le plus ardent promoteur de ce transfert. Le musée sera ainsi à l'abri des risques consécutifs à la privatisation prochaine de la mine qui, elle, suit son cours.

Peu de temps après Munich, le Service de coopération et d'action culturelle (SCAC) du bureau de liaison de la France au Kosovo a demandé conseil au comité de soutien, sur l'idée de proposer aux autorités sur place une intervention officielle d'appui technique au musée. Les démarches correspondantes sont en cours au Kosovo. Si un accord est trouvé avec les responsables, l'appui consisterait en la prestation d'une expert en muséographie sur place pour réorganiser et valoriser les collections du musée en suivant les principales recommandations publiées par le comité de soutien et en liaison avec lui.

Au même moment enfin, deux espèces minérales jusqu'ici inconnues à Trepca étaient découvertes à la faveur de la vente de vieux échantillons de collections privées, repérés et sauvés miraculeusement par des membres du comité : la kutnahorite (ou kutnohorite) et surtout la fluorine. Le premier est un carbonate très rare de formule Ca(Mn,Mg,Fe)(CO3)2 qui forme deux séries isomorphes, l'une avec l'ankérite et l'autre avec la dolomite, minéraux déjà bien connus à Trepca. Quant au second, il se présente de façon normale dans des gîtes hydrothermaux analogues à Trepca mais il n'y avait encore jamais été identifié. Ces découvertes, réalisées grâce à Frank Wierich et son laboratoire de l'Université de Marburg, Pascal Mauduit, le BRGM et l'auteur, vont être publiées (avec les réserves qui s'imposent s'agissant de spécimens anciens trouvés dans des collections). Elles démontrent, s'il le fallait encore, le potentiel inouï de Trepca en découvertes si les moyens viennent à être accordés.

En conclusion, 2007 a bien commencé mais le musée de Trepca et son comité (musee-trepca@hotmail.fr) ont toujours grand besoin de soutien. Comme disait le poème, " c'est le fonds qui manque le moins ". Qu'on se le dise !

Jean FERAUD et Michel SCHWAB



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Dernière mise à jour : 4 décembre 2006
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