La géologie, les minéraux et les fossiles
2 ème partie


Liste des sujets abordés dans cette rubrique
   


Haut de page RÈGLES ÉTHIQUES OU CODE DE DÉONTOLOGIE ?,

Réflexion pour une contribution au débat

Les dirigeants de la Confédération Géopolis sont régulièrement interpellés sur leur intention de doter l’association d’un Code de Déontologie ou, du moins, de certaines règles de conduite, c’est-à-dire de références éthiques.

Si, sur le fond la question d’établir ou non de telles normes ne se pose pas - il faut évidemment le faire - , il en est pas de même quant à la forme et au contenu du document à rédiger. Aussi, avant de répondre à cette interrogation, tout à fait légitime, il convient de situer d’abord, la place qu’occupe la Confédération sur l’échiquier des associations et autres acteurs des sciences de la terre.

L’Association Géopolis, qui a été créée le 20 mai 2000 seulement, faut-il le rappeler, est organisée sur les bases statutaires d’une Confédération. Ses membres ont eux-mêmes soumis à la loi de 1901 sur les associations ou peuvent avoir le statut de personnes morales du secteur privé ou public, voire éventuellement, de commerçant. Les adhérents individuels, mis à part les personnes qui ne peuvent être classées dans l’un des collèges prévus, ne sont pas expressément sollicités. Les adhérents des membres de Géopolis, sont d’abord et avant tout adhérent de l’association qui les représente, même si la Confédération perçoit une cotisation personnelle de leur part.

Ainsi, le premier et principal objectif des promoteurs qui sont à l’origine de ce mouvement, n’est pas de créer une structure concurrente nouvelle pour occuper une parcelle du terrain déjà largement encombré et divisé, mais de créer une synergie entre les associations et autres acteurs, pour rassembler toutes ces énergies dispersées du monde de la minéralogie et de la paléontologie.

Dans ce contexte de dispersion, la Confédération Géopolis a pour vocation de devenir l’interface des acteurs des sciences de la terre, sans exclusion de quiconque. Mais pour réaliser cet objectif, il faudrait qu’une majorité de ceux-ci manifeste la volonté d’unir leurs efforts pour défendre, effectivement, le droit à une libre pratique de leur passion ou de leur activité professionnelle.

On peut affirmer ainsi, que Géopolis n’a pas été créée dans le but de concurrencer d’autres associations. Géopolis ne cherche pas à empiéter sur les activités que celles-ci proposent et pratiquent. Géopolis ne prétend pas se substituer aux associations et autres acteurs uniquement pour le plaisir d’exister ou pour occuper une parcelle de pouvoir.

Ce à quoi tous les responsables de Géopolis sont attachés avant tout, c’est de rassembler non de diviser et permettre ainsi à la Confédération de devenir un lieu de convergence et d’échanges. Ceux qui se sentent concernés par les problèmes du libre exercice de leurs activités dans le domaine de la minéralogie ou de la paléontologie, problèmes qui vont se poser bien plus encore dans un avenir proche, ne peuvent qu’approuver cette démarche.

Si le pari, de faire de Géopolis une véritable interface, est perdu, le projet de sortir nos activités de l’impasse dans laquelle elles se trouvent, sera gâché définitivement. La Confédération aura perdu sa vocation et sa raison d’exister.

Mais pourquoi lier ces arguments au sujet qui nous préoccupe, l’éthique et la déontologie ? Il ne s’agit nullement d’arguties, mais d’une première approche nécessaire à la compréhension du rôle que devrait jouer à l’avenir la Confédération.

Revenons donc à l’éthique et à la déontologie. Géopolis n’a pas à intervenir dans les activités et autres objectifs de ses membres, de par cette vocation d’interface. Cela nous conduit à dire, qu’à plus forte raison, Géopolis ne doit pas s’engager directement dans une polémique qui consisterait à réfuter ou à approuver les règles de conduite, c’est-à-dire, le Code de Déontologie de tel ou tel de ses membres.

Cette position ne doit toutefois écarter la Confédération de références éthiques. Elle devrait se doter d’un document spécifique, dont le contenu n’a rien de commun avec un Code de Déontologie classique, tel qu’il en existe de nombreuses variantes dans les clubs ou autres structures. On peut éventuellement envisager la mise en place d’un Code de Déontologie interne, réservé uniquement au collège des membres individuels et aux groupes d’adhérents qui en seraient dépourvus. Mais ceci est secondaire pour développer le raisonnement qui nous intéresse.

L’essentiel du débat se trouve ailleurs. La Confédération doit-elle imposer à tous ses membres les mêmes règles de déontologie, alors que ceux-ci sont, ou ne sont pas, dotés de telles prescriptions ? Peut-on faire observer les mêmes règles à un amateur, à un professionnel ou à un commerçant ? Certainement pas ! Pourtant, il est important que tous puissent se retrouver pour débattre des questions qui ont trait aux règles éthiques ou à la déontologie à respecter. Il n’appartient pas à Géopolis de les imposer, mais de faire en sorte qu’un dialogue, plutôt qu’une constante opposition et une diabolisation de l’autre, s’établisse enfin.

Est-ce que Géopolis doit s’opposer aux associations qui prônent le refus de vente dans leur Code de Déontologie et qui organisent uniquement des bourses d’échanges ? Ou, au contraire, doit-elle refuser l’adhésion à celles qui acceptent le principe de la vente par les amateurs et en vertu de quelle règle ? La Fédération de l’Est, dont les associations adhèrent à la Confédération Géopolis, se réfère à leur Code de Déontologie. Celui-ci n’est pas fondé sur le même postulat que celui de la FFAMP, qui elle, préconise un amateurisme “pur et dur”. La Confédération doit-elle adopter les règles de l’une ou de l’autre de ces structures le jour ou elle comptera, éventuellement, les deux dans ses rangs ? Il faut admettre également, qu’un négociant ne perçoive pas la vente ou l’organisation des bourses de la même manière qu’un amateur qui prospecte pour sa collection personnelle ou un scientifique dans la pratique de ses recherches. On ne peut imposer aux uns et aux autres rigoureusement la même déontologie. Le négociant est-il plus critiquable que l’amateur ou le scientifique ?

On s’aperçoit ainsi, que cette extrême diversité repose sur des appréciations très subjectives. Celle-ci ne facilite pas, de prime abord, l’entente de tous, sur un sujet aussi délicat que l’éthique et la déontologie.

La vocation de Géopolis serait donc, de faire comprendre à tous que les querelles de chapelle et les luttes intestines doivent être dépassées, ceci d’autant plus, que les désaccords portent souvent sur des sujets dont l’importance reste tout à fait secondaire.

Pour satisfaire aux exigences de la mise en place d’un tel document, il serait souhaitable que la Confédération puisse se doter de règles de conduite qui répondent aux besoins d’une structure aussi composite. Il faudrait fixer pour cela, un cadre éthique qui permette à tous les membres d’y adhérer. Ces règles ne doivent toutefois pas être fondées sur l’exclusion ni sur des interdits péremptoires, mais sur le sens de la responsabilité personnelle et le respect de toutes les sensibilités en présence.

Il faudrait donc, avant tout, des règles éthiques et non un code de déontologie classique, règles qui porteraient davantage sur une incitation de comportement plus responsable et plus solidaire de l’ensemble des acteurs concernés. Le temps de s’exprimer au nom de tel groupe ou de telle coterie est, en effet, largement dépassé si nous voulons éviter la disparition de nos activités.


Freddy Libman La Côte St André, octobre 2000


Accueil Page précédente Haut de page Page suivante
Dernière Mise à jour : 29 Décembre 2001
Site de géologie - Forum consacré à la géologie