La géologie, les minéraux et les fossiles
5 ème partie
Visite des Mines de Potasse d'Alsace -Puits Amélie II- par l'association de géologie Géopolis


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Haut de page Compte rendu du week-end en Alsace du 05 au 07 avril 2002 -
Visite des Mines de Potasse d'Alsace - Puits Amélie II

Quelques-uns uns parmi nous ont eu la chance de vivre une belle aventure : nous avons pu visiter la mine de Potasse du puits Amélie II avant sa fermeture programmée pour le premier semestre 2003.
Nous sommes partis à 5 parisiens dès le jeudi soir et nous sommes arrivés tard sur notre lieu d'hébergement. En effet, nous avions rendez-vous le lendemain matin, à 8H précises pour "La Visite" !
Après une courte nuit, ponctuée d'un sommeil agité et un petit déjeuner avalé rapidement, Bernard vient nous chercher pour nous conduire sur le carreau minier. Les autres invités sont tous présents et après quelques bises et poignées de main, l'équipe est prise en charge par nos deux guides. Mais avant d'évoquer plus avant cette visite il est important de restituer les mines de potasse dans leur contexte.

Tout commence en 1904...
Une femme, Mme Amélie Zürcher découvre le gisement de potasse en effectuant des sondages pour la recherche de pétrole ou de houille. La mise en production est décidée et commence en 1910 à la mine Amélie. La production, interrompue lors de la guerre de 1914, croit rapidement jusqu'à atteindre 3 500 000 tonnes en 1939. Après la seconde guerre mondiale, les Mines De Potasse d'Alsace modernisent l'outil de travail et continuent ainsi l'expansion de l'entreprise. En 1948 les MDPA comptent près de 14 000 salariés. En 1974, année la plus productive, 13.4 millions de tonnes sont extraites. Actuellement moins de 1000 personnes travaillent encore sur le site. L'extraction s'arrêtera au premier semestre 2003, le site conservant toutefois une activité liée au stockage des déchets par l'intermédiaire de STOCAMINE.
Mais au fait, pourquoi y a-t-il de la potasse en Alsace ?
Cela commence comme un conte de fée : il y a environ 50 millions d'années, l'effondrement d'une montagne en érosion entre deux masses continentales, la Forêt Noire à l'Est et les Vosges à l'Ouest, crée une gigantesque fosse, le fossé Rhénan. Ce bassin va ensuite recueillir en alternance des eaux d'origine pluviales ou marines. C'est ainsi que se déposent tour à tour des alluvions ou du sel au fond de ce fossé. Mais deux fois dans l'histoire, les conditions sont réunies pour que le sel de potasse contenu dans l'eau d'origine marine cristallise spontanément. Puis le cycle continue avec ses dépôts alternés de marnes, d'anhydrite et de sel… C'est ainsi que fortuitement dans une couche comprise entre 400 et 1100m, s'intercalent deux couches de sylvinite distantes de 20 mètres, minerai composé pour 25% de chlorure de potassium (KCl), 60% de chlorure de sodium (NaCl) et 15% d'insolubles. Les deux couches varient entre 1 à 5 mètres d'épaisseur. Voilà rapidement (très rapidement…) brossée la grande histoire de la Terre et celle des Hommes d'Alsace.

Revenons à notre visite : nous sommes conviés à prendre place dans une salle pour une présentation générale : quelques échantillons de sel, de sylvinite et aussi de potasse après transformation. Nos deux guides nous situent l'histoire géologique, la découverte et l'exploitation, le devenir des mines puis c'est le moment de nous rendre dans un autre bâtiment pour " toucher " notre paquetage de mineurs improvisés...
Une dame nous remet à tous, hommes et femmes, une paire de chaussures, chaussettes, pantalon et veste de treillis, ceinture de cuir, casque, lunettes, chemise bleue à carreaux et ... une serviette de toilette qui sera utilisée lors du retour pour la douche. Chacun s'équipe et quelques minutes après avoir vérifié notre nom sur la liste (sécurité oblige, il faut absolument savoir qui est au fond) nous sommes dotés chacun d'une lampe avec sa batterie que nous passons à la ceinture ainsi que d'un élément respirateur en cas de problème.
Nantis de tout ce matériel, nous passons ensuite près des deux skips qui remontent le minerai à la vitesse de 13 mètres / seconde ! Nous nous dirigeons quant à nous vers notre lieu de descente. Nous descendons en deux " cordées " sans secousses ni vibrations. Après plus d'une minute nous nous retrouvons au fond. Altitude - 560m. La mine possède un système d'aérage puissant et nous ne nous rendons pas compte de la chaleur réelle. En effet, dans les mines de potasse d'Alsace le degré géothermique est faible et la température augmente de 1° C tous les 22 mètres. C'est ainsi qu'à 800 m (profondeur moyenne de l'exploitation) il fait 47° C ! Les consignes de sécurité nous sont expliquées et chacun est attentif. Nous sommes dans un environnement hostile et il convient de redoubler de prudence et notamment de faire très attention aux machines en fonctionnement.
Puis nous prenons notre " bus " : un engin surbaissé équipé d'un moteur diesel avec des filtres à eau nous emmène sur " l'autoroute " et nous dépose 5 kilomètres plus loin près des 3 chantiers de taille. Chaque taille représente un espace de 250m sur 1 kilomètre.

L'exploitation se fait à la haveuse : une machine équipée de 2 tambours creuse le front de taille sur une hauteur de 1,10m (mini taille) et 3m10. La machine est guidée par un laser permettant de respecter un tracé très précis. Elle avance ainsi sur la totalité des 250m du front de taille. Elle revient ensuite, tirée par une chaîne à son point de départ. Les piles qui maintiennent le toit (avec des vérins exerçant une pression pouvant dépasser 600T) sont déplacées et avancées de 1m10 ; Le toit est soutenu à nouveau et la machine avance laissant un chemin de 1m10... A l'arrière de l'espace laissé libre, le foudroyage se produit très rapidement : le toit s'écroule et permet ainsi aux pressions exercées de diminuer tout en remblayant le chantier. Il faut seulement 2 heures pour déplacer les piles réparties sur les 250m soit environ une centaine de piles. Le minerai est évacué par des convoyeurs et différents engins jusqu'aux skips qui le remontent jusqu'à la surface.

Sur le front de taille, il fait beaucoup plus chaud, le bruit est très important (nous avons des bouchons d'oreille distribués avant la descente) La poussière de sel vole à travers la galerie et nous avons un goût acre dans la bouche. Nous sommes ici un groupe d'amateurs en minéralogie et chacun sait qu'une particularité des mines de potasse est de receler du sel bleu ou violet… Les haveurs lorsqu'ils trouvent ce type de sel le mettent de côté pour les visiteurs. C'est ainsi que quelques membres de notre groupe ont pu repartir avec un échantillon bleu ou violet. Après le passage sur la deuxième taille notre " bus " nous récupère pour nous ramener " à l'ascenseur " et nous retrouvons l'air libre après avoir passé plus de 2H au fond. Une photo de groupe termine notre visite et c'est avec grand plaisir que nous nous glissons sous la douche.

Merci à nos organisateurs pour cette visite pleine d'enseignements et nous mesurons la chance que nous avons eu alors que toute extraction cessera dès l'année prochaine.



Une bonne partie du groupe se retrouve ensuite au restaurant autour d'un sympathique repas partagé dans la bonne humeur. Mais nous n'en restons pas là. Comme nous avions prévu de repartir dimanche, nous avons du temps pour autre chose : ce sera le plaisir de voir deux très belles collections, celles d'Alain et de Tony.
Le soir venu, encore une fois c'est autour d'une table que la soirée se termine. Le samedi matin nous profitons de la présence d'une partie des membres du bureau pour tenir une réunion dès 8H30... Jusqu'à 12H30 le travail nous tient regroupés chez Bernard où au passage nous admirons sa " pièce à cailloux ".
Nous nous dirigeons vers Steinbach, à la mine Saint Nicolas. Nos hôtes ont tout prévu : repas champêtre (et pourtant il fait frais mais le soleil est néanmoins présent) et visite du travail effectué dans la mine. L'après midi avançant nous nous mettons en quête de quelques spécimens et comme le temps passe vite, nous arrivons en début de soirée très rapidement. Un dîner dans la cabane qui sert au stockage des outils pour le travail dans la mine est improvisé et c'est dans une ambiance fraternelle que nous partageons ce super repas autour de quelques solides bouteilles ! La soirée se prolonge tard chez Bernard et c'est dans la nuit bien avancée que nous retrouvons nos chambres. Dimanche matin nous aurions pu dormir un peu. Eh bien non ! L'envie de taquiner un affleurement de fluorite nous fait lever de bon matin et c'est pendant quelques heures l'occasion de profiter encore de cette belle région sous un temps frais mais avec un ciel favorable.
Il nous faut dans l'après midi regagner la région parisienne et pour une nouvelle fois quitter nos hôtes. Mais c'est promis, nous reviendrons. Maintenant, c'est un peu la famille qui se retrouve à chaque fois pour partager la même passion.

En point de mire, la bourse de Sainte Marie se profile pour fin juin : de belles heures en perspective ! A bientôt donc !

Dominique THAUVIN


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Dernière Mise à jour : 02 Juin 2002
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