La géologie, les minéraux et les fossiles
6 ème partie
Géopolis aux 3èmes journées nationales du Patrimoine Géologique, Brest, 2002


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Haut de page Géopolis aux 3èmes journées nationales du Patrimoine Géologique, Brest, les 27 et 28.09.2002

Placé sous le haut patronage du Ministère de l'aménagement du territoire et de l'environnement et celui de la région Bretagne, avec le soutien du BRGM, de Géosciences Rennes, de l'université de Bretagne Occidentale et des conseils généraux des Côtes d'Armor, du Finistère, du Morbihan et d'Ille-et-Vilaine, ce colloque était organisé par la Société Géologique et Minéralogique de Bretagne et les Réserves Naturelles de France.

Depuis de nombreuses années, de multiples réflexions sont engagées à juste titre autour de la notion de " Patrimoine Géologique ". On se souvient des multiples propositions législatives des années 80 largement présentées dans la presse spécialisée. Souvenons nous du projet de loi " Souvet " de 1998 concernant la paléontologie. Les associations de Géosciences, de collecteurs et collectionneurs ne se sont malheureusement et jusqu'à ces dernières années senti que peu concernées par ce mouvement. Peu d'entre elles suivaient les débats sur les textes législatifs qui pourraient demain aboutir à une gestion patrimoniale intransigeante. Il est également nécessaire de modérer la tendance actuelle qui voit systématiquement dans la collecte d'objets géologiques une agression qui modifierait les sites de manière durable et remettrait en cause la notion même de protection du patrimoine.

Les représentants de Géopolis souhaitent être des acteurs pragmatiques et constructifs dans les différents groupes de travail où il est question de l'avenir des Géosciences et de la notion de Patrimoine Géologique.

La présence à ces 3èmes journées de neuf délégués en est la preuve. La confédération sera également représentée à la table ronde " des collections en sciences de la terre, pour quoi faire ? " au MNHN de Paris mi octobre et au colloque de Lille fin novembre.

Les journées de Brest se sont déroulées en deux parties :
  • le vendredi à l'université de Brest, conférences et débats,
  • le samedi, excursions géologiques dans la région.
La matinée de vendredi dont le thème était " Connaissance et reconnaissance du patrimoine géologique " avait essentiellement pour but de présenter "l'inventaire national des sites géologiques remarquables de France", démarche qui vise l'exhaustivité.
La première conférence présentait la base de donnée informatique créée par le BRGM pour inventorier les sites, à partir d'une fiche type d'inventaire standardisée conçue à cet effet. La deuxième intervention présentait l'expérience pilote faite en Bretagne, la troisième celle réalisée dans le Nord-Pas de Calais et la quatrième l'inventaire des sites effectué par le Conseil Général de l'Hérault. De futurs inventaires sont prévus dans de nombreuses régions ou départements. Des commissions scientifiques régionales devraient se mettre en place sous l'autorité des DIREN afin de piloter les inventaires et de " gérer " les sites. Il semblerait que les associations pourraient être sollicitées en se faisant connaître et en apportant la preuve de compétences.

Les sites concernés sont aussi divers que variés : plis, failles, affleurements, zones minéralisées, sites fossilifères, falaises, carrières ou mines, géotopes, grottes etc. L'après-midi a été consacré à la Conservation et à la valorisation du Patrimoine Géologique, avec quelques intéressantes conférences proposées par les Réserves Naturelles de Haute Provence et du Luberon, la Société rennaise de dragages, l'Association Pierre de Lune de Rochechouart et l'Association Géo-Logis.

Conscients, de la nécessité de la mise en place d'une protection du Patrimoine Géologique, nous sommes toutefois inquiets devant l'approche de certains intervenants qui souhaitent une réelle " sanctuarisation " des sites afin de pouvoir assurer une protection intégrale dans le cadre d'une législation adéquate. Un arsenal juridique semblerait en cours d'élaboration. De récents textes du Code de l'environnement concernant " le patrimoine géologique, paléontologique et minéralogique " ont été abordés. On peut se poser la question, que si, à force de vouloir tout protéger on ne court pas le risque de ne pas protéger l'essentiel.

Il est à noter qu'en dehors de brèves séances de questions-réponses, orchestrées par Max Jonin, il n'y a pas eu de véritable débat.
Nous retenons que toute collecte d'objets, que cela soit par des universitaires, des étudiants, des passionnés ou autre, soit difficilement envisageable. La journée avait commencé par le repentir d'un dirigeant de l'Université de Bretagne occidentale qui, dans son discours d'accueil, avouait publiquement avoir ramassé quelques cailloux dans sa jeunesse, espérant expier par la même ses fautes passées en se qualifiant de " prédateur " !. Il a également été rappelé par un membre de l'assistance que les mines renoncées (et leur environnement comme les haldes, etc.) sont protégées par les lois françaises sur l'archéologie, divers textes européens et même la convention de Malte. Il y est donc strictement prohibé d'y effectuer des fouilles, ce qui a été confirmé par un récent jugement de la cours de cassation.

Sans aucun procès d'intention, nous avons le sentiment après cette journée, d'observation qu'il y a deux catégories d'acteurs, l'une bien pensante et dans le bon droit protectrice de la nature et une autre égarée que l'on considère comme prédatrice de la nature. L'ambition de GEOPOLIS pourrait être d'être le catalyseur permettant de transcender cet antagonisme, en une dynamique au service du patrimoine géologique.

La journée fut clôturée par G. Lopez du Conseil général de Bretagne et par Jean-Marc Michel du ministère de l'écologie et du développement rural. L'intervention de J.M. Michel, fut des plus intéressante : repoussant l'amalgame collecteur/prédateur, il rappela que tous devaient être consultés et que le patrimoine géologique devait être l'affaire de tous.

Deux excursions étaient proposées le samedi, l'une à la presqu'île de Crozon, l'autre au Trégor. Notre délégation à choisi la première et, sous la brillante conduite d'Yves Cyrille de la Maison des Minéraux de Crozon, nous avons passé une magnifique journée à découvrir le paysage géologique de la presqu'île.

Frédéric DELPORTE
10/10/2002


A lire sur le même sujet, l'inventaire du Patrimoine Géologique français.


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Dernière Mise à jour : 17 Octobre 2002
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