C.R des colloques de Paris (10/2002) et Lille (11/2002)
La confédération Géopolis fut présente à la table ronde "des collections en sciences de la terre, pour quoi faire ?" au MNHN de Paris à la mi-octobre 2002 et au colloque régional du muséum de Lille fin novembre 2002.
Depuis de nombreuses années, de multiples réflexions sont engagées à
juste titre autour de la notion de "Patrimoine Géologique". On se
souvient
des multiples propositions législatives des années 80 largement
présentées dans la presse spécialisée. Souvenons nous du projet de loi "SOUVET" , du sénateur du même nom, de 1998 concernant surtout la paléontologie. Dans
ce projet, il était indiqué entre autre que "la provenance des fossiles de
vertébrés peut être contrôlée par tout agent assermenté et chargé de la
protection des milieux et des espèces naturelles (douaniers, agents des eaux
et forêts, etc) lors de la vente, l'achat, l'échange, le colportage
(transport) de fossiles de vertébrés", les préfet ayant également toute
autorité pour classer des sites. Ce projet de loi stipulait également
que "les travaux d'exploration et de fouilles dans les mines anciennes tant
à l'intérieur des galeries que dans les installations annexes doivent faire
l'objet d'une autorisation spécifique du ministère de la Culture".
Les associations de Géosciences, de collecteurs et collectionneurs ne se
sont malheureusement et jusqu'à ces dernières années senti que peu
concernées par ce mouvement. Peu d'entre elles suivaient les débats sur
les textes législatifs qui pourraient demain aboutir à une gestion
patrimoniale intransigeante. Il est également nécessaire de modérer la tendance
actuelle qui voit dans la collecte d'objets géologiques systématiquement une
agression qui modifierait les sites de manière durable et remettrait en
cause la notion même de protection du patrimoine.
Une délégation de Géopolis a assistée à la table ronde organisée
les 15 et 16 octobre 2002 par le MNHN de Paris sur le thème "Des collections en Sciences de la Terre pour quoi faire?". A notre connaissance, aucunes autres associations de Géosciences représentant des non professionnel (universitaire...) n'étaient présentes.
Le but de ce colloque était de dégager des éléments d'appréciation
permettant de réaffirmer la pertinence des collections dans les domaines de
la recherche, du culturel et de l'éducation auprès des différentes instances
de tutelles. Au regard de l'état de certaines collections publiques de
Géosciences en France et plus particulièrement universitaires, force est de
constater que la démonstration fut périlleuse et qu'aucune solution concrète
ne put être présentée. L'utilité d'accumuler des collections de travail et
des donations sans gestion et sans projet au sein des universités et de
certaines institutions se pose donc. La plupart n'étant elles pas à
considérer comme de simples reliques ?
D'un rapprochement entre Universités et associations d'amateurs pourrait
naître un partenariat enrichissant et dynamique. L'association pourrait se
charger du "dépoussiérage" et participer au fastidieux travail d'inventaire des collections, et proposer une valorisation de celle-ci à travers des actions pédagogiques et didactiques tel que des publications, des
conférences, des expositions permanentes ou temporaires, des
interventions auprès des scolaires, etc. L'université apporterai par ses chercheurs expertise et formation, ainsi que le crédit scientifique.
A noter l'échange entre le responsable juridique du muséum de Paris qui
répondait à une question d'un représentant du muséum de Lille. Ce
dernier a souhaité avoir des informations qu'en aux possibilités de faire
poursuivre les personnes qui collectaient des fossiles sur les cotes, qualifiant
ces derniers de pilleur. Techniquement parlant, les affaires maritimes sont
compétentes, des poursuites sont tout à fait possible, et les préfets
pourraient appuyer ce type d'intervention. Rappelons que le littoral
appartient en direct à l'Etat. Il serait même possible d'intervenir ex-post,
par saisi des spécimens à domicile, lors d'exposition, ou autre. Ce type
d'attitude n'est pas sans rappeler de navrants faits qui se sont déroulé
récemment dans les Vosges.
Remarquons que la confédération Géopolis fut également présent au
colloque "Géologie, patrimoine et environnement en Nord-Pas de Calais" du Musée d'Histoire Naturelle de Lille des 26,27,28 novembre. Cet événement fut organisé à l'occasion du centième anniversaire du muséum. Les associations de Géosciences ne communiquant pas suffisamment, leurs activités restent peu connues aussi bien du public que des institutionnels et des politiques.
C'est pourquoi un document synthétique résumant les actions d'éducation
et de sensibilisation au patrimoine géologique fut réalisé et distribué par les
associations régionales. Ce document a pour vocation de mettre en évidence
le rôle fondamental des associations du Nord - Pas de Calais et leur dynamisme dans la vulgarisation scientifique.
La très bonne collaboration entre les associations régionales est le reflet du travail national de Géopolis.
Frédéric Delporte
A lire sur le même sujet, l'inventaire du Patrimoine Géologique français.
|