Quelques repères sur le Pontet et La Gardette
La concession de Pontet - La Gardette, instituée par décret du 23 septembre 1904, englobe celle de La Gardette, instituée en 1776 et renoncée à la même date de 1904. Il s'agit d'une concession orpheline toujours administrativement valide, donc relevant en partie de la responsabilité de l'État (police des mines). Au Pontet, on exploitait un filon de Pb (Ag), de direction 110°, encaissé dans les gneiss et granites du massif du Pelvoux et, à La Gardette, des travaux de recherche ont été réalisés sur un filon de quartz aurifère de même direction, encaissé dans gneiss et micaschistes et même les calcaires triasiques. La mine du Pontet présente un intérêt archéologique, celle de La Gardette est célèbre mondialement pour ses cristallisations de quartz et autres minéraux.
De 1998 à 2003, trois études du BRGM ont été réalisées dans le cadre de l'établissement du dossier de mise en sécurité, s'appuyant sur divers avis techniques et notamment celui du service de restauration des terrains en montagne (RTM). Un rapport d'impact environnemental avait été commandé par la DIREN à un spécialiste des chiroptères, rapport qui, semble t-il, a été perdu. Les personnes en charge du dossier à la DIREN à l'époque sont, semble t-il, parties sans laisser d'informations à leurs successeurs. Par ailleurs, une concertation active a été menée, associant les services de l'État, les collectivités et les associations : réunions des 23 avril 1998 et 28 mai 1999 ; réunion publique du 19 décembre 2001.
Le Pontet
Sur les dix galeries du Pontet, seules les deux galeries inférieures se trouvent sur le territoire de la commune de Bourg-d'Oisans, les huit autres se situant sur celle de Villard-Notre-Dame (VND), plus au sud. Une des deux galeries inférieures est murée par un verrou en béton. L'autre a été convertie en galerie pédagogique, utilisée notamment par les étudiants de Grenoble. Cette galerie, qui ne pose pas de problème de stabilité, vient d'être prise sous la responsabilité de la commune de Bourg-d'Oisans qui en gèrera désormais l'accès.
Sur les huit galeries situées sur la commune de VND, quatre ont déjà été fermées par un bouchon en béton. Les quatre autres ont été closes par une fermeture provisoire en parpaings (décembre 2002 - janvier 2003), fermetures qui ont été vandalisées peu après. La DRAC doit y terminer sa deuxième campagne de fouilles archéologiques.
Par voie de conséquence, et comme aucun repreneur ne s'était manifesté pour reprendre la responsabilité du site, la DRIRE avait décidé de fermer les galeries avec un bouchon en béton et non plus des portes en fer, comme envisagé initialement. Néanmoins, contrairement à ce qu'évoque la pétition (désaccord du ministère de la Culture), elle s'était mise d'accord avec la DRAC pour que cette dernière ait le temps de terminer ses fouilles, ce qui conduisait, dans le calendrier des travaux de fermeture, à fermer ces accès en dernier. Les travaux devaient également comporter la pose d'un filet métallique sur un dépilage dangereux ouvert au sol.
La Gardette
Les onze galeries de La Gardette à fermer, toutes situées sur la commune de VND (dont sept sur des terrains lui appartenant), forment un réseau en partie interconnecté. Faute de repreneur, la DRIRE a, comme au Pontet, décidé la fermeture des galeries, après envisagé une fermeture par portes cadenassées. Pour trois d'entre-elles, l'entrée devait être foudroyée sur une dizaine de mètres (foudroyage ménagé pour éviter les glissements de terrain), l'encaissant ne se prêtant pas à la pose d'un bouchon de béton ; les autres devaient être fermées par un bouchon en béton et pour deux d'entre elles, par un comblement avec minages d'appoint. Comme pour le Pontet, des filets métalliques devront assurer la protection d'un dépilage ouvert au sol.
La situation actuelle
Il faut rappeler que les bouchons en béton ne constituent pas des fermetures irréversibles (même s'il est clair que des moyens lourds sont nécessaires en cas de réouverture) et que les foudroyages ne touchent pas aux filons mais seulement aux entrées de certaines galeries. Dans l'esprit de la DRIRE, cela signifiait que si un projet de développement sérieux émergeait pour la mise en valeur du site, on pourrait réouvrir des accès. En conséquence, contrairement aux termes de la pétition, pas de fermeture irréversible ni de foudroyage général des galeries.
La concertation n'ayant pas abouti à ce qu'une collectivité (commune, conseil général…) reprenne la responsabilité des sites pour les valoriser, la DRIRE avait, au nom de la responsabilité de l'État sur une concession orpheline active, pris la décision de fermer les ouvertures de galeries restant à obturer (4 au Pontet et 11 à La Gardette). L'entreprise, retenue suite à une procédure d'appel d'offres, devait débuter ses travaux fin mars en commençant par La Gardette afin de permettre à la DRAC d'achever ses fouilles sur le haut du Pontet.
Les conditions météo ont conduit à différer à avril le début des travaux. Conformément à une procédure normale, l'entreprise avait avisé les autorités communales de son intervention, ce qui a entraîné le lancement de la pétition que l'on sait, signée du maire de Bourg-d'Oisans…
Tout récemment, le SIVOM de la région de Bourg-d'Oisans s'est affiché partie prenante (il n'y a pas de communauté de communes sur le secteur) : à condition que cette demande soit juridiquement valide, il y donc maintenant un repreneur affiché de la responsabilité du site.
Face à cette situation, le préfet de l'Isère a bloqué les travaux et décidé d'une réunion, avec une partie des parties prenantes. Cette réunion s'est déroulé le 8 avril, mais sans les associations de minéralogie ou les cristalliers par exemple.
Conclusions
Dans l'attente de la réunion provoquée par le préfet, on ne peut présumer de la décision qui sera prise. Deux solutions paraissent envisageables :
1. le programme de mise en sécurité de la DRIRE se poursuit sous la forme prévue et l'entreprise mandatée réalise les travaux ;
2. le SIVOM se trouve effectivement en capacité de reprendre le site, avec un objectif de mise en valeur du patrimoine local ; cette perspective n'empêcherait pas que le programme de la DRIRE soit réalisé pour sa plus large part, en laissant simplement une ou deux galeries de La Gardette ouvertes.
En outre, et bien que les sites du Pontet et de La Gardette se trouvent presque en totalité hors de son territoire, la commune de Bourg-d'Oisans aurait pour objectif de créer un pôle touristique régional, incluant le patrimoine minier et ce projet serait à l'origine de la pétition. Si c'est bien l'objectif poursuivi, il convient alors que le SIVOM, repreneur, fasse sécuriser le site de La Gardette et prévoit des réunions de concertation avec tous les acteurs parties prenantes, telles les associations minéralogiques et les cristalliers, qui ont fait l'Histoire de la Gardette.
D'après G. Sustrac, U.F.G (Union Française des géologues), 29 mars 2005 Actualisation F. Delporte, 14 avril 2005
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